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Rapport sur l'identification des dangers 2019 - Section E - Santé publique

RAPPORT SUR L'IDENTIFICATION DES DANGERS 2019 - SECTION E - SANTé PUBLIQUE

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Programme d’identification des dangers et d’évaluation des risques

Rapport sur l’identification des dangers 2019
Section E : Santé publique

Bureau du commissaire des incendies
et de la gestion des situations d’urgence

Introduction

Le rapport sur l’identification des dangers contient des profils qui fournissent de l’information sur différents dangers, en plus d’offrir une vue d’ensemble des conséquences possibles. Il est divisé en dix parties : une introduction et neuf sous-sections, soit A à I, comme suit :

  1. Agriculture et alimentation
  2. Environnement
  3. Dangers extraterrestres
  4. Matières dangereuses
  5. Santé
  6. Sécurité publique
  7. Structures
  8. Approvisionnement et distribution
  9. Transports

Table des matières

Qualité de l’eau

Aller au danger suivant : Éclosion de maladie infectieuse

Définition

Incident généralisé ou grave lié à la contamination qui représente un danger pour la santé générale et le bien-être de la population ou pose d’autres menaces[1].

Description

La qualité de l’eau est essentielle au maintien d’une bonne santé publique. L’approvisionnement en eau potable peut cependant subir les contrecoups d’incidents naturels, agricoles et liés à la sécurité publique, ou d’autres dangers[2].

Une personne exposée à des concentrations élevées de contaminants peut subir des effets nocifs[3]. La quantité de contaminants dans l’eau et la quantité d’eau ingérée déterminent la gravité de ces effets. Même si certaines toxines peuvent être absorbées par la peau ou par inhalation sous la douche, l’ingestion constitue la voie d’exposition la plus courante[4]. Les symptômes les plus communs sont les douleurs et les infections gastrointestinales ainsi que la diarrhée. Par ailleurs, lorsque les symptômes prennent du temps à se manifester, l’exposition à la maladie se prolonge et retarde la détection de l’épidémie.

Selon la source des pathogènes ou des contaminants, le retour de la qualité de l’eau à des niveaux sécuritaires à la consommation peut prendre beaucoup de temps, parfois des mois ou des années, voire des siècles.

Dans tout le Canada, des pratiques strictes régissent l’utilisation des terres afin de protéger les sources d’eau et d’atténuer les risques de contamination. Des pratiques tout aussi rigoureuses sont utilisées pour le traitement de l’eau. L’eau provenant du sous-sol et des lacs est traitée avant sa consommation afin qu’elle ne contienne aucun pathogène ni autre contaminant.

Entre autres exemples de mesures de protection figurent les lois et règlements visant à protéger l’eau de source, les installations de traitement, l’entreposage de l’eau traitée (réservoir surélevé ou réserve souterraine), les systèmes de distribution, les dispositifs de contrôle et de surveillance technologiques, la formation des opérateurs et le suivi de la qualité par l’échantillonnage et des analyses. Une défaillance de l’un ou de plusieurs de ces maillons est susceptible d’induire une situation d’urgence liée à la qualité de l’eau[5].

L’entretien des réseaux d’alimentation en eau nécessite des investissements à long terme et une planification de la gestion des actifs. Il s’agit là de certaines des tâches les plus coûteuses et les plus complexes que les fournisseurs locaux de services d’eau doivent effectuer.

En 2017, plus de 518 000 résultats d’analyse provenant des réseaux municipaux résidentiels d’eau potable répondaient aux normes strictes de qualité de l’Ontario dans une proportion de 99,8 %. Bien que plus de 80 % des Ontariennes et Ontariens tirent leur eau potable de réseaux municipaux résidentiels, la province compte également des sources d’eau qui ne sont ni municipales ni privées.

Depuis la crise de Walkerton en 2000, l’approche en matière d’assurance de la qualité de l’eau s’est considérablement améliorée; la province s’est dotée d’une approche à barrières multiples fondée sur une législation rigoureuse, des normes sanitaires strictes, des analyses systématiques et fiables, un haut niveau de formation des opérateurs, des inspections régulières et un programme de protection des sources d’eau. En 2007, le gouvernement de l’Ontario a annoncé que les 121 recommandations de l’enquête de Walkerton étaient appliquées[6],[7].

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : L’ampleur varie, mais la source d’approvisionnement en eau d’une communauté ou région entière peut être atteinte.

Période : Il n’y a aucune variation d’une saison à l’autre, ou entre le jour et la nuit, pour ce danger.

Délai d’avertissement : Le délai d’avertissement varie selon les circonstances.

Répercussions éventuelles

Les situations d’urgence liées à la qualité de l’eau peuvent entraîner :

  • des maladies et des décès, qui risquent de mettre à l’épreuve des ressources d’intervention et du système de santé;
  • des dommages à la réputation;
  • la prestation urgente de ressources pour couvrir les besoins essentiels, comme la nourriture;
  • la surveillance de la santé de la population à long terme;
  • la nécessité d’activités de restauration et un impact sur les infrastructures essentielles.

Dangers secondaires

Exemples de dangers secondaires :

  • Maladies humaines ou épidémies

Incidents antérieurs

Walkerton, 2000 – Une éclosion de gastroentérite d’origine hydrique est survenue à la suite d’une mauvaise gestion de l’installation de traitement des eaux et de tests inappropriés de la qualité de l’eau à Walkerton, en Ontario. Des pluies diluviennes avaient charrié le fumier de bovins des terres agricoles vers un puits de la ville, contaminant l’eau avec les bactéries E. coli et Campylobacter jejuni. Plus de 2 000 personnes sont tombées malades et six personnes sont décédées[8]. La crise avait aussi miné la confiance du public dans les systèmes de contrôle de la qualité de l’eau de l’Ontario.

Énoncé des risques provinciaux

Les situations d’urgence liées à la qualité de l’eau se limitent habituellement au secteur desservi par le service public local qui distribue l’eau.

La qualité de l’eau peut être compromise par l’entretien problématique d’une infrastructure vieillissante, en particulier les éléments d’infrastructure souterrains, plus coûteux, car plus difficiles d’accès, surtout dans les régions éloignées. La croissance démographique, le développement rapide et les espèces envahissantes sont autant de contraintes qui drainent les ressources hydriques. Les changements climatiques aggravent la situation; les sécheresses, les inondations, les tempêtes extrêmes et la diminution de la couverture de glace causent l’érosion des rives, le réchauffement des eaux et la prolifération d’algues nuisibles. Les déchets, les plastiques et les microplastiques présents dans les Grands Lacs et les voies navigables intérieures sont un problème grandissant[9].

Répercussions sur le plan humain

L’afflux de personnes demandeuses de soins médicaux risque de mettre à rude épreuve la santé publique et le système de soins de santé. Un grand nombre de personnes résidant dans la région touchée pourraient consulter un médecin, qu’elles présentent ou non des symptômes. Les secteurs à grande densité de population où l’approvisionnement est assuré par une seule source ou quelques-unes sont particulièrement à risque. Par ailleurs, les collectivités éloignées sont aussi vulnérables en raison du délai et des coûts associés à l’approvisionnement à partir de sources de remplacement.

Répercussions sur le plan social

L’interruption de la distribution d’eau dans une région peut gravement éprouver les réseaux de soutien social et les structures connexes.

Dommages matériels

Les biens et les éléments d’infrastructure de la province sont peu susceptibles d’être touchés par des situations d’urgence liées à l’eau. Toutefois, les usines de traitement de l’eau et les systèmes de distribution peuvent exiger des évaluations complètes pour garantir le retour des procédés de traitement à des niveaux de rendement normaux avant une remise en service.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

L’ensemble de l’infrastructure essentielle, tributaire des ressources en personnel, dépend de la distribution d’eau potable. Tous les éléments d’infrastructure peuvent être déstabilisés par les conséquences perçues ou réelles sur la santé humaine. La salubrité de l’eau est un incontournable pour la prestation sécuritaire de ces services, y compris les soins de santé.

Dommages environnementaux

Les situations d’urgence liées à la qualité de l’eau peuvent également être néfastes pour l’environnement. La gravité des dommages dépend de l’endroit touché par la baisse de qualité. Si le problème se trouve dans une source d’eau (lac ou rivière), les organismes et espèces aquatiques qui en dépendent pourront en subir des conséquences.

Répercussions économiques

Une diminution de la qualité ou de la quantité d’eau potable peut entraîner d’importantes pertes économiques pour les collectivités touchées, notamment en raison des pertes d’exploitation, de la diminution du tourisme et des investissements, de la dévaluation des biens immobiliers et des paiements d’indemnité aux victimes et à leur famille.

Éclosion de maladie infectieuse (épidémie ou pandémie)

Aller au danger précédent : Qualité de l’eau

Aller au danger suivant : Consommation de substances et surdoses

Définition

Une éclosion de maladie infectieuse est généralement définie comme la propagation d’une maladie ou une autre situation posant un danger pour la santé et le bien-être général de la population humaine[10].

Les maladies infectieuses sont causées par des micro-organismes pathogènes, comme des bactéries, des virus, des parasites ou des champignons. Ces maladies peuvent être transmises par une autre personne, au cours d’un échange de fluides corporels ou d’une exposition à des vecteurs de transmission, ou contractées dans l’environnement.

Les maladies infectieuses peuvent prendre la forme d’une épidémie ou d’une pandémie, selon les définitions suivantes[11] :

Épidémie : Éclosion d’infection qui se propage rapidement et qui touche un grand nombre d’individus dans une région ou une population donnée au même moment.

Pandémie : Épidémie qui survient à l’échelle mondiale, au-delà des frontières internationales, et qui touche généralement un grand nombre de personnes.

Description

Les éclosions de maladies infectieuses proviennent de différents agents pathogènes. Un certain nombre de ces pathogènes, comme les virus, les bactéries, les parasites, les champignons et les protozoaires, sont des éléments vitaux et généralement inoffensifs de l’écosystème. Bien que la grande majorité d’entre eux soient inoffensifs, voire bénéfiques pour la santé humaine, ce n'est pas le cas pour une faible minorité. La gravité des symptômes dépend de facteurs tels que la source de la maladie ainsi que la santé et l’âge de la personne touchée.

Les maladies peuvent être transmises de plusieurs façons :

  • Propagation aérienne ou gouttelettes : Ce type de propagation survient lorsqu’il y a en suspension dans l’air, pendant longtemps, des résidus de gouttelettes évaporées ou des particules de poussière renfermant des microorganismes[12].
  • Transmission vectorielle : Des organismes vivants peuvent transmettre des maladies infectieuses d’un hôte (animal ou humain) à un autre[13].
  • Transmission par le sang : Les agents pathogènes transmissibles par le sang, des micro-organismes infectieux qui se trouvent dans le sang humain, peuvent causer des maladies chez les humains[14].
  • Zoonoses : Ce sont des maladies transmises par les animaux à l’humain par un contact direct ou par l’intermédiaire de vecteurs qui transportent des agents pathogènes de l’animal à l’humain.
  • Maladies entériques : Une maladie entérique infectieuse est une affection gastro-intestinale causée par l’ingestion de bactéries, de virus ou d’autres micro-organismes parasitaires qui se retrouvent dans les aliments ou l’eau ainsi que chez les animaux et les personnes infectées. Salmonella, E. coli, Listeria et Giardia en sont des exemples.

De nombreux facteurs peuvent être à l’origine de maladies infectieuses, notamment l’évolution de micro-organismes (y compris des souches résistantes aux antibiotiques), la modification d’habitats naturels ainsi que l’accroissement de la fréquence et la diminution de la durée des voyages à l’étranger[15].

Le comportement humain influence grandement l’éclosion et la gravité des maladies infectieuses, même si celles-ci peuvent survenir naturellement. L’éclosion et la propagation d’une maladie infectieuse peuvent survenir de plusieurs façons[16] :

  • Contact direct
  • Contact indirect
  • Contact avec des gouttelettes
  • Transmission aéroportée
  • Transmission vectorielle

Les agents pathogènes se propagent facilement d’une province (ou d’un territoire) à l’autre à partir d’un agent connu ou inconnu de la maladie. Aussi, des efforts devraient être déployés tous azimuts et au-delà des frontières pour atténuer les risques et traiter les maladies infectieuses. Une collaboration active et une planification minutieuse sont de mise pour que les communautés soient en mesure d’endiguer la propagation des maladies et d’en limiter les répercussions[17].

Les Normes de santé publique de l’Ontario (NSPO) sont publiées par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée en vertu de la Loi sur la protection et la promotion de la santé (LPPS) pour préciser les programmes et services obligatoires en matière de santé fournis par les conseils de santé[18]. Pour sa part, le Protocole concernant les maladies infectieuses vise à fournir aux conseils de santé des directives quant à la prévention et à la gestion des maladies infectieuses qui posent un risque pour la santé publique.

Le service Maladies transmissibles, préparation et réponse aux situations d’urgence à Santé publique Ontario fournit des conseils scientifiques et techniques qui s’appuient sur des données probantes aux partenaires locaux, provinciaux et fédéraux au gouvernement ainsi que dans le réseau de la santé publique et le système de soins de santé.

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : L’ampleur varie, mais les répercussions se font habituellement sentir à l’échelle d’une communauté ou région entière.

Période : Il y a des saisons où certaines maladies sont plus probables. Par exemple, la saison de pointe de la grippe dure habituellement de novembre à mars.

Délai d’avertissement : Le délai d’avertissement est extrêmement variable. Il s’écoule généralement des semaines, voire des mois, entre la détermination des premiers cas et la généralisation de la transmission, selon l’endroit où se trouvent les cas initiaux et le mode de propagation dans l’environnement. La surveillance et les pronostics par des experts peuvent faciliter les prévisions.

Répercussions éventuelles

L’éclosion d’une maladie infectieuse peut entraîner :

  • la propagation de la maladie elle-même et des décès, ce qui risque de mettre à l’épreuve des ressources d’intervention et du système de santé;
  • l’obligation de renforcer les activités de surveillance et de suivi;
  • le besoin d’une vaccination de masse ou de traitements généralisés;
  • des dommages à la réputation;
  • la surveillance de la santé de la population à long terme;
  • des pénuries de main-d’œuvre et des problèmes de continuité des activités;
  • la restriction de l’accès à un site ou à une région;
  • la nécessité de gérer des cas et de restreindre des contacts (p. ex. isolement et quarantaine);
  • le besoin d’une aide financière.

Dangers secondaires

Exemples de dangers secondaires :

  • Dangers liés à l’interruption de l’approvisionnement
  • Pénurie de médicaments, de produits sanguins ou d’équipement

Énoncé des risques provinciaux

Il y a une augmentation apparente du nombre de cas de nombreuses maladies infectieuses, y compris de certaines nouvelles maladies[19]. Les progrès en matière de prévention, de détection précoce, de lutte contre les maladies et de traitement permettent par la même occasion de réduire plus efficacement le nombre de personnes infectées[20].

Les populations denses, notamment celles en croissance et internationalement mobiles, courent un risque élevé d’introduction de maladies. Les changements climatiques (température et précipitations) et les événements extrêmes pourraient accroître la portée géographique des maladies à transmission vectorielle[21].

Des infections perdurent parce qu’un plus grand nombre de médicaments antimicrobiens s’avèrent inefficaces, ne parvenant pas à traiter un nombre croissant d’infections. C’est ainsi que le risque de maladies, de santé précaire et de décès augmente[22].

Pour prendre en charge ces risques, émergents ou non, les planificateurs des mesures d’urgence peuvent intégrer la compréhension des déterminants sociaux de la santé à leurs activités de programme. Les partenaires locaux et régionaux de la santé et les organismes de services sociaux, les conseils d’administration des services sociaux, les communautés autochtones locales et les groupes spécialisés de soutien social et de santé possèdent l’expertise en la matière.

Répercussions sur le plan humain

Les symptômes d’une maladie infectieuse peuvent être graves et, dans certains cas, mettre la vie en danger. Les effets précis dépendent d’un certain nombre de facteurs (dont la vulnérabilité), variables selon le type de maladie et les conditions, entre autres environnementales, sociales et économiques.

Il semble que les urgences reliées aux maladies infectieuses pourraient induire de nombreuses répercussions sur la santé mentale, dont le stress ou l’anxiété, à la suite d’ordonnances ou de recommandations d’isolement ou de mise en quarantaine.

Répercussions sur le plan social

Les répercussions éventuelles sur le plan social sont variées. Elles comprennent les pertes financières ou d’emplois subies par une collectivité en raison du besoin d’une mise en quarantaine ou d’un isolement, des préjugés et de l’interruption des activités de la vie quotidienne.

Dommages matériels

Il est peu vraisemblable qu’une éclosion de maladie infectieuse entraîne des dommages aux biens.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

Bien que les services reposant sur l’infrastructure essentielle risquent de diminuer en raison de nombreux travailleurs qui tombent malades ou restent à la maison pour prendre soin de proches, cette probabilité est faible et dépend de la gravité de la situation d’urgence.

Dommages environnementaux

Les dommages environnementaux ne comptent pas parmi les répercussions probables d’une éclosion de maladie infectieuse. Cependant, l’élimination non sécuritaire de matériel infecté pourrait soulever des préoccupations.

Répercussions économiques

Les secteurs des affaires et des finances de l’Ontario sont vulnérables à un tel danger. La perturbation des activités commerciales et financières dépend du mode de transmission et de la virulence de la maladie. Si une part importante de la main-d’œuvre devient malade ou si des restrictions de voyage sont imposées pour contrôler la propagation, on pourrait observer une importante perturbation des activités commerciales et financières.

Consommation de substances et surdoses

Aller au danger précédent : Éclosion de maladie infectieuse (épidémie ou pandémie)

Définition

Une urgence de santé publique résultant de l’utilisation problématique ou nocive de médicaments d’ordonnance ou d’autres substances réglementées

Description

Il est question de consommation de substances nocives lorsqu’une personne consomme de l’alcool ou des drogues de façon excessive ou en raison d’une dépendance. Une personne est susceptible d’être atteinte d’un trouble lié à la consommation lorsqu’elle prend des substances nocives de façon à nuire à autrui ou à soi-même.

Certains médicaments d’ordonnance, comme les opioïdes, les stimulants hypnotiques et les tranquillisants, sont associés à des méfaits graves comme la dépendance, les surdoses et la mort[23]. Même si des opioïdes courants comme l’oxycodone, l’hydromophone et le fentanyl peuvent être d’une aide efficace dans la gestion de la douleur pour certains patients sous supervision médicale, les méfaits liés aux opioïdes observés à l’heure actuelle représentent un défi important pour la santé publique[24], [25].

Ces médicaments peuvent avoir un effet dévastateur sur la vie des gens, des familles et des communautés, en plus d’imposer un lourd fardeau aux systèmes de santé, de services sociaux et de sécurité publique. En raison de ces facteurs, de telles substances sont devenues une préoccupation importante en matière de santé et de sécurité publique[26].

L’abus de substances et les toxicomanies pressurent le système de soins de santé. Si ces pressions ne sont pas gérées adéquatement, elles peuvent nuire considérablement à la prestation normale des services[27]. De plus, la capacité d’adaptation des communautés ontariennes à de telles tendances varie grandement selon la localité, les facteurs sociaux, économiques, culturels et spirituels et la présence d’autres sources de pression.

Santé publique Ontario appuie la stratégie globale sur les opiacés du ministère de la Santé et des Soins de longue durée ainsi que les bureaux locaux de santé publique qui réagissent aux méfaits liés aux opioïdes. Ce soutien est important dans l’assemblage, l’analyse et la visualisation de données sur la morbidité et la mortalité liées aux opioïdes en Ontario, ainsi que pour fournir de l’expertise scientifique et faciliter les consultations.

Convoqué en 2017, le groupe d’intervention d’urgence face aux opioïdes réunit des intervenants de première ligne en réduction des méfaits, des intervenants d’urgence, des professionnels de la santé mentale et de la toxicomanie, des experts en santé publique, d’autres ministères provinciaux et représentants municipaux, des groupes de soins de santé et des personnes aux prises avec une dépendance[28].

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : L’ampleur varie considérablement, des répercussions très localisées à celles ressenties sous forme de crises provinciales ou nationales. De tels événements ne comportent pas une date ou une heure de début ou de fin bien arrêtée ou précise.

Période : Aucune variation d’une saison à l’autre, ou entre le jour et la nuit, pour ce danger.

Délai d’avertissement : Le délai d’avertissement varie selon les circonstances; de telles situations d’urgence peuvent résulter d’enjeux sociaux systémiques ou de tendances de la chaîne d’approvisionnement. Dans certaines circonstances, les personnes expertes chargées de surveiller ces tendances ou les systèmes de détection anticipée peuvent livrer des enseignements utiles.

Répercussions éventuelles

Un grand nombre de surdoses ou le fait que des surdoses surviennent dans une certaine région géographique peut constituer une situation d’urgence et entraîner :

  • des maladies et des décès, qui risquent de mettre à l’épreuve des ressources d’intervention et du système de santé;
  • la nécessité de renforcer la sécurité publique ou des mesures policières;
  • l’obligation de renforcer les activités de surveillance et de suivi;
  • le besoin de traitements pharmacologiques particuliers, de soins urgents ou de services de santé spécialisés.

Dangers secondaires

La pression exercée par les problèmes de consommation de substances et les surdoses peuvent entraîner des dangers géopolitiques susceptibles de nuire à l’Ontario. 

Incidents antérieurs

Comme les crises de « consommation et de surdose de substances » ne comportent pas une date ou une heure de début ou de fin bien arrêtée ou précise, il est difficile de fournir une liste définitive d’événements passés. Figure ci-dessous un aperçu de certaines statistiques récentes et importantes liées à ce danger :

  • Selon les données recueillies par le coroner en chef de l’Ontario, 1 261 décès attribuables à une intoxication aux opioïdes ont été enregistrés en 2017. Comparativement à 2016, le nombre de décès a augmenté de 45 %;
  • Entre 2007 et 2017, plus de 7 000 personnes ontariennes sont décédées d’une surdose d’opioïdes, l’intoxication étant non intentionnée pour la plupart d’entre elles[29];
  • En août 2017, le taux de visites au service des urgences consécutives en raison d’une possible intoxication aux opioïdes était 6,8 pour 100 000 en Ontario. C’est le plus haut taux jamais enregistré[30].

Énoncé des risques provinciaux

Pour répondre à cette menace, un des obstacles majeurs a été le manque de données cohérentes et l’absence de méthodologie pour déterminer les visites à l’hôpital liées à la toxicité des opioïdes. Toutefois, ces dernières années, l’Ontario a considérablement comblé ces lacunes.

Malgré les efforts déployés, les programmes et les initiatives de réduction des risques doivent faire en sorte d’évaluer l’efficacité et l’adaptabilité des interventions, des modèles de soins et des politiques en cours d’élaboration et de mise en œuvre, et ce, en considérant tous les champs d’application et les populations concernées[31].

Répercussions sur le plan humain

La population de l’Ontario, comme toute autre population humaine, est vulnérable aux situations d’urgence liées à la consommation de substances et aux surdoses. Cependant, ces répercussions sont habituellement limitées ou localisées quant à leur ampleur.

Répercussions sur le plan social

Lorsque les réseaux communautaires et les structures de soutien sont déjà affaiblis par des enjeux sociaux systémiques, les répercussions à l’échelle de la collectivité résulteront vraisemblablement de la consommation de substances nocives et de surdoses débouchant sur des situations d’urgence.

Dommages matériels

Les dommages matériels sont peu probables.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

S’il est peu probable qu’une perturbation des infrastructures essentielles se produise, il est fort possible que l’accent soit mis sur le soutien social, la santé et d’autres initiatives d’assistance. L’ampleur de la perturbation dépend de la capacité des systèmes locaux et provinciaux à faire face à des incidents particuliers.

Dommages environnementaux

Les dommages environnementaux sont peu probables.

Répercussions économiques

Des dommages économiques sont à prévoir lorsque le fonctionnement d’une communauté (locale ou régionale) ou d’un réseau social a été perturbé, car cela engendre des répercussions économiques à l’échelle locale.

Notes de fin

[1] Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, 2018, correspondance [par courriel], octobre 2018.

[2] Gouvernement de l’Ontario, Eau potable, 2018, www.ontario.ca/fr/page/eau-potable [consulté en décembre 2018].

[3] Canadian Environmental Health Atlas, 2018.

[4] Gouvernement de l’Ontario, Eau potable, 2018, www.ontario.ca/fr/page/eau-potable.

[5] Rapport annuel 2016-2017 de l’inspectrice en chef de l’eau potable, www.ontario.ca/fr/page/rapport-annuel-2016-2017-de-linspectrice-en-chef-de-leau-potable.

[6] Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, 2019, www.ontario.ca/fr/page/protection-des-sources [consulté le 5 mars 2019].

[7] The Walkerton Enquiry, site Web officiel de la Commission d’enquête publique, 2002 www.archives.gov.on.ca/en/e_records/walkerton/report1/french/index.html [consulté en octobre 2018].

[8] Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, Rapport annuel 2016-2017 de l’inspectrice en chef de l’eau potable.

[9] Ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs, Rapport annuel 2018 du ministre sur l’eau potable.

[10] Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, correspondance [par courriel], mai 2018.

[11] Santé Canada, Glossaire sur la page Préparation du Canada en cas de grippe pandémique : Guide de planification pour le secteur de la santé, 2017.

[12] Hôpital Mount Sinaï, Département de microbiologie, 2017.

[13] Organisation mondiale de la Santé, www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/vector-borne-diseases, 2018.

[14] Centres for Disease Control and Prevention, www.cdc.gov/parasites/blood.html, 2018.

[15] Santé publique Ontario, Maladies infectieuses, 2018 www.publichealthontario.ca/FR/BROWSEBYTOPIC/INFECTIOUSDISEASES/Pages/Maladies-infectieuses.aspx.

[16] Document d’information sur le risque de pandémie (en anglais seulement), Banque mondiale, 2014, www.worldbank.org/content/dam/Worldbank/document/HDN/Health/
WDR14_bp_Pandemic_Risk_Jonas.pdf
.

[17] Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Gestion des situations d’urgence – Grippe pandémique, 2017, www.health.gov.on.ca/fr/pro/programs/emb/pan_flu/default.aspx.

[18] Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Normes de santé publique de l’Ontario : exigences relatives aux programmes, aux services et à la responsabilisation (Normes), www.health.gov.on.ca/fr/pro/programs/publichealth/oph_standards/default.aspx.

[19] Organisation mondiale de la Santé, www.who.int/globalchange/publications/en/changementclim.pdf, 2015.

[20] Smith et coll., « Global rise in human infectious disease outbreaks », Journal of the Royal Society, 2014.

[21] Environmental Protection Agency des États-Unis, 19january2017snapshot.epa.gov/climate-impacts/climate-impacts-human-health_.html, 2017.

[22] Santé publique Ontario, www.publichealthontario.ca/fr/eRepository/
OHP_infog_AntimicrobialResistance_2016_fr.pdf
, 2018.

[23] Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, S’abstenir de faire du mal : Répondre à la crise liée aux médicaments d’ordonnance au Canada, 2013.

[24] Organisation mondiale de la Santé, Rapport mondial sur les drogues, www.unodc.org/documents/wdr2014/World_Drug_Report_2014_web.pdf, 2014.

[25] Centre de toxicomanie et de santé mentale, 2012, www.camh.ca/fr/info-sante/index-sur-la-sante-mentale-et-la-dependance/les-opio%c3%afdes-sur-ordonnance [consulté en juin 2018].

[26] Gouvernement du Canada, Mesures du gouvernement du Canada sur les opioïdes : 2016 et 2017, www.canada.ca/fr/sante-canada/services/publications/vie-saine/mesures-opioides-2016-2017.html [consulté en novembre 2017].

[27] Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances, Coûts et méfaits de l’usage de substances au Canada (2007-2014), 2014 [consulté en avril 2018].

[28] Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Opioïdes — Liste des membres du Groupe d’intervention d’urgence face aux opioïdes, 2018, health.gov.on.ca/fr/pro/programs/opioids/taskforce.aspx.

[29] Système national d’information sur les soins ambulatoires (SNISA), ICIS.

[30] Ministère de la Santé et des Soins de longue durée, Morbidité et mortalité liées aux opioïdes en Ontario, 2018, www.publichealthontario.ca/fr/dataandanalytics/pages/opioid.aspx.

[31] Document d’information : Examen des sites de consommation supervisée et de prévention des surdoses; conclusions clés, 2018, news.ontario.ca/mohltc/fr/2018/10/examen-des-sites-de-consommation-supervisee-et-de-prevention-des-surdoses----conclusions-cles.html.