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Solliciteur général

Rapport sur l'identification des dangers 2019 - Section F - Sécurité publique

RAPPORT SUR L'IDENTIFICATION DES DANGERS 2019 - SECTION F - SéCURITé PUBLIQUE

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Programme d’identification des dangers et d’évaluation des risques

Rapport sur l’identification des dangers 2019
Section F : Sécurité publique

Bureau du commissaire des incendies
et de la gestion des situations d’urgence

Introduction

Le rapport sur l’identification des dangers contient des profils qui fournissent de l’information sur différents dangers, en plus d’offrir une vue d’ensemble des conséquences possibles. Il est divisé en dix parties : une introduction et neuf sous-sections, soit A à I, comme suit :

  1. Agriculture et alimentation
  2. Environnement
  3. Dangers extraterrestres
  4. Matières dangereuses
  5. Santé
  6. Sécurité publique
  7. Structures
  8. Approvisionnement et distribution
  9. Transports

Terrorisme

Le terrorisme est un facteur de risque dans tous les dangers décrits dans le présent profil.

Telle en est la définition, selon l’article 83.01 du Code criminel du Canada : un acte – action ou omission – commis au Canada ou à l’étranger au nom, exclusivement ou non d’un but, d’un objectif ou d’une cause de nature politique, religieuse ou idéologique en vue d’intimider la population[1]

Le gouvernement du Canada rappelle que le terrorisme est l’une des grandes menaces à la sécurité nationale[2]. Le terrorisme devient un déclencheur éventuel pour chacun des profils de danger traités ici, mais d’autres motivations sont peut-être tout aussi vraisemblables. Certains cas peuvent revêtir une apparence de terrorisme, mais ils sont en fait attribuables à d’autres causes, par exemple des problèmes de santé mentale des auteurs ou une combinaison de ces facteurs et d’autres[3]. De plus, dans le cas d’un acte effectif ou d’une menace, le motif initial est souvent nébuleux.

Même si les organismes d’application de la loi font appel à des compétences très particulières pour se préparer et atténuer le terrorisme, les interventions initiales dans les incidents touchant la santé publique se déroulent sans égard au déclencheur ou à la cause, car il faut du temps pour classifier ces événements[4]. De plus, les compétences en gestion des urgences ne sont pas confinées au terrorisme ou aux crimes violents. Ce contexte posé, il devient donc essentiel pour les gestionnaires des urgences d’établir le lien avec les principaux partenaires d’application de la loi afin de mieux comprendre le rôle possible du terrorisme dans les risques de danger, notamment la GRC, qui a compétence sur le terrorisme, et les autres organismes d’application de la loi.

Rassemblements de masse

Les rassemblements de masse constituent un autre facteur important dont tenir compte dans l’évaluation du risque de danger pour la sécurité publique. De plus, les organisateurs d’événements spéciaux ou de rassemblements de masse officiels doivent évaluer les risques pour tous les dangers dans leurs préparatifs et leur planification.

Dans le cadre de la vie communautaire dans l’ensemble de l’Ontario, on peut s’attendre à des rassemblements de masse, car ils sont parfaitement normaux et, habituellement, ne posent que peu ou pas de problème ou de menace à la sécurité publique à l’extérieur des seuils normaux et quotidiens habituels.

Les rassemblements de masse officiels (festivals, événements sportifs, marchés) et informels (aéroports, centres commerciaux, transport en commun et places publiques) constituent un ensemble bien particulier de facteurs de sécurité publique à considérer chez ceux qui travaillent en gestion des urgences. Les municipalités de l’ensemble de la province se sont dotées de restrictions et règlements en matière d’utilisation des immeubles, dans le but de gérer les risques des rassemblements de masse, mais même les événements qui obtiennent un permis et respectent les directives données par les inspecteurs ou les représentants officiels ne sont pas sans risque.

Telles sont les caractéristiques des rassemblements de masse :

  • La convergence d’un nombre de personnes (parmi lesquelles se trouvent des groupes vulnérables, comme les enfants) vers un lieu central;
  • Des besoins supplémentaires en matière de transport, de santé et de sécurité;
  • Une forte présence médiatique;
  • Des besoins de communication uniques.

Il faut tenir compte d’un certain nombre de facteurs au moment d’évaluer le risque éventuel que pose un rassemblement de masse, dont :

  • des facteurs opérationnels (p. ex. annulation d’un spectacle);
  • les conséquences de l’événement (p. ex. bruit, fumée);
  • des actes lors du spectacle (p. ex. paroles de chanson violentes);
  • les agissements des spectateurs (p. ex. consommation d’alcool et de drogues);
  • des facteurs relatifs à la sécurité (p. ex. usage d’une force excessive);
  • des facteurs sociaux (p. ex. rivalités entre des équipes);
  • la météo (p. ex. orage);
  • des dangers environnementaux (p. ex. séisme);
  • des dangers d’origine humaine (p. ex. défaillance structurelle).

Menace active

Aller au danger suivant : Danger chimique, biologique, radiologique, nucléaire ou explosif (CBRNE)

Définition

Une menace active est une situation où une personne prend part activement à une tuerie ou tente de tuer des personnes dans un achalandé.

Description

Les attaques réelles se produisent habituellement dans des lieux publics ou des endroits choisis pour leur importance sociale, culturelle, symbolique ou politique. Les attaques de ce type se situent en dehors des incidents plus courants, par exemple ceux liés à la violence conjugale ou aux activités criminelles connues[5].

Sont compris dans ce type d’attaques :

  • Tireur actif (fusillade de masse) – incident où il y a de multiples victimes de violence liée aux armes à feu;
  • Assauts avec véhicule – un auteur au volant d’un véhicule automobile fonce délibérément dans un immeuble, une foule ou un autre véhicule;
  • Attaques au couteau – un auteur utilise une lame ou un couteau pour blesser délibérément des gens dans une zone populeuse;
  • Bombe artisanale – « Dispositif mis en place ou réalisé de façon improvisée et contenant des produits chimiques destructeurs, létaux, toxiques, pyrotechniques ou incendiaires. Il est conçu dans le but de détruire, neutraliser, harceler ou distraire. Il peut comprendre des éléments militaires, mais est généralement constitué de composants non militaires[6]. » Pour donner un exemple, prenons une bombe dans une cocotte-pression (« autocuiseur ») fabriquée par les auteurs en insérant du matériel explosif dans un autocuiseur. Cela ne comprend pas les dispositifs de dispersion radiologique (DDR), non plus que les dispositifs explosifs radiologiques (DER).

Ces types d’armes sont très faciles à obtenir, et il est difficile d’empêcher leur utilisation dans le cadre d’attentats[7].

Les auteurs, dans les incidents menaçants actifs, cherchent généralement des « cibles vulnérables », soit des sites civils où des gens se réunissent. Habituellement, l’auteur a pour objet de blesser le plus grand nombre possible de personnes[8]. Les événements de ce genre sont imprévisibles et évoluent rapidement[9]. Dans la plupart des cas, il n’y a ni constance ni méthode de sélection des victimes et l’assaillant a recours à des moyens largement disponibles. Cela signifie qu’il est difficile de prévoir et de contrer ces incidents[10].

Au cours de grandes manifestations civiles, événements sportifs ou autres événements spéciaux, les lieux sont souvent sécurisés et « durcis » à l’aide de bollards, camions et autres moyens afin de limiter les possibilités d’attaque.

Les incidents du passé prouvent que les effets d’une « menace active », y compris les blessures psychologiques et de stress s’ajoutent aux effets physiques directs. Ces blessures psychologiques, souvent, touchent les victimes et les premiers intervenants directement concernés, ainsi que les autres personnes qui entendent parler de l’événement ou en font l’expérience ou vivent la période postérieure à celui-ci par divers canaux médiatiques[11].

Le personnel des services d’urgence, notamment les policiers, les pompiers et les paramédicaux de l’ensemble du Canada ont souvent reçu une formation spécialisée pour répondre adéquatement aux incidents de ce type. De la même façon, il est désormais courant pour les campus collégiaux et universitaires, de même que pour les programmes de sécurité et de gestion du risque des entreprises et du gouvernement, d’intégrer des procédures et pratiques particulières pour prévenir et atténuer ces menaces et y réagir[12].

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : La taille de la zone touchée dépend de la nature de la ou des attaques.

Période : Il peut y avoir des menaces actives n’importe quand dans l’année, même si les lieux, les dates et les heures peuvent être choisis d’après leur importance et le nombre des personnes susceptibles de se trouver dans la zone cible à la date et à l’heure visées.

Délai d’avertissement : Puisqu’il s’agit d’un danger d’origine humaine, il se peut qu’il n’y ait aucun avertissement ou encore, que l’avertissement varie, allant de menaces exprimées aux renseignements recueillis par les organismes d’application de la loi.

Répercussions éventuelles

Parmi les répercussions éventuelles figurent :

  • des blessures ou décès, qui peuvent mettre à l’épreuve le système de santé et les ressources d’intervention;
  • des signalements de personnes disparues, et la nécessité de mener des opérations de recherche et de sauvetage, en plus de réunir des familles;
  • des dommages matériels et structurels nécessitant des réparations; un impact possible sur l’infrastructure essentielle.
  • la perturbation ou la fermeture d’institutions gouvernementales, commerciales ou financières;
  • la nécessité de restreindre l’accès à un site ou à une région;
  • le besoin de procéder à une évacuation ou de mettre en place un refuge;
  • la prestation urgente de ressources pour couvrir les besoins essentiels, comme la nourriture;
  • la nécessité de gérer des débris;
  • la nécessité de renforcer la sécurité publique ou des mesures policières.

Dangers secondaires

Exemples de dangers secondaires découlant d’une menace active :

  • Incident lié à des matières dangereuses
  • Problèmes touchant des bâtiments ou des structures
  • Perturbation du transport
  • Incident nuisant au rassemble de masse

Incidents antérieurs

Tireur actif

Voici des exemples canadiens de fusillades de masse :

  • Danforth, Toronto (Ont.), 2018 – Un tireur isolé a tué deux personnes et en a blessé 13 autres à l’aide d’un pistolet semi-automatique. Il s’est suicidé à la suite d’un échange de tirs avec la police.
  • Québec (QC), 2017 – Un tireur isolé a assassiné six personnes et en a blessé 18 autres.
  • Scarborough (Ont.), 2016 – L’auteur a tué trois personnes et en a blessé deux autres avec une arbalète avant d’être appréhendé par la police.
  • La Loche (Sask.), 2016 – Après avoir tué ses deux frères adolescents dans une résidence du Nord de la Saskatchewan, l’auteur s’est rendu dans une école locale, où il a tué deux enseignants et en a blessé sept autres.
  • Ottawa (Ont.), 2014 – Au Monument commémoratif de guerre du Canada, l’auteur a tiré et tué avec son arme à feu le caporal Nathan Cirillo, soldat canadien servant de sentinelle de cérémonie. Il est ensuite entré dans l’Édifice du Centre du Parlement. Après une fusillade avec le personnel de sécurité du Parlement l’auteur a été tué. Les autorités ont bouclé le centre-ville d’Ottawa à la recherche d’autres menaces éventuelles.
  • Moncton (N.-B.), 2014 – Trois agents ont été tués et un tireur lourdement armé a blessé deux autres agents à Moncton.
  • Scarborough (ON), 2012 – Un homme qui assistait à une partie dans le voisinage a commencé un échange de coups de feu entre gangs rivaux. Il a provoqué toute une série de coups de feu supplémentaires qui ont tué deux personnes et en ont blessé 22 autres. L’événement a également été qualifié de « tuerie de Danzig ».
  • Montréal (QC), 2006 – Une personne est morte sur la scène au Collège Dawson et 19 autres ont été blessées. Huit d’entre elles ont subi de graves blessures. L’auteur s’est donné la mort et la police a ultérieurement découvert sur lui une note de suicide.
  • Ottawa (Ont.), 1999 – Un ancien employé d’OC Transpo a tiré sur six personnes, en tuant quatre, dans une fusillade au garage d’OC Transpo sur le boulevard Saint-Laurent, avant de se donner la mort.
  • Taber (Alb.), 1999 – Une fusillade à l’école secondaire W. R. Myers s’est terminée avec une personne tuée et une autre blessée.
  • Montréal (QC), 1992 – Un professeur en génie a tué huit de ses collègues et a blessé un membre du personnel à l’Université Concordia. Il a été reconnu coupable de meurtre et condamné à la prison à vie.
  • Montréal (QC), 1989 – Quatorze femmes sont mortes lors d’une fusillade à l’École Polytechnique, également connue comme le massacre de Montréal. Dans une attaque planifiée, l’auteur est entré dans l’école et a tué 14 femmes en 20 minutes avant de s’enlever la vie.
  • Québec (QC), 1985 – Trois personnes sont tuées et 13 autres sont blessées dans une attaque à l’Assemblée nationale du Québec.
  • Ottawa (Ont.), 1975 – Une fusillade à l’école secondaire St. Pie X s’est terminée avec cinq blessés et un mort.
  • Brampton, 1975 – Un étudiant de l’école secondaire Brampton Centennial a utilisé une carabine et tué trois personnes et en a blessé 13 autres.
  • Kettle Valley (C.-B.), 1972 – Un individu en fuite d’un institut psychiatrique sécurisé a tué six personnes et en a blessé trois autres au cours d’une fusillade, utilisant une carabine de calibre .22 et une autre de calibre .30, à quatre endroits différents de Kettle Valley le même jour.

Assauts avec véhicule

Parmi les exemples canadiens d’assauts avec véhicule, mentionnons :

  • Toronto (Ont.), 2018 – L’auteur a loué un fourgon Ryder et a foncé sur des piétons le long de la rue Yonge dans le district d’affaires du centre de North York, à Toronto, tuant 10 personnes et en blessant 16 autres.
  • Edmonton (Alb.), 2017 – L’auteur a poignardé un policier et heurté quatre piétons avec un camion U-Haul. L’incident semblait être motivé par des intentions terroristes.
  • Saint-Jean-sur-Richelieu (QC), 2014 – Assaut terroriste en véhicule qui s'est produit au Québec le 20 octobre 2014. Un acteur seul (« loup solitaire ») a heurté deux militaires canadiens, inspiré par des motifs terroristes.

Attaque au couteau

Voici quelques attaques au couteau qui ont eu lieu antérieurement au Canada :

  • Edmonton (Alb.), 2017 – L’auteur a poignardé un policier et heurté quatre piétons avec un camion U-Haul tandis qu’il prenait la fuite. Cet événement semble lié au terrorisme.
  • Regina (Sask.), 2014 – Quatre personnes ont été blessées dans un cas d’agression au couteau au hasard au Centre Cornwall, un centre commercial du centre-ville de Regina.

Attaques à l’autocuiseur

On a utilisé des autocuiseurs transformés en bombes dans nombre d’attaques de par le monde, notamment la bombe du marathon de Boston en 2013, et la bombe dans le palais des sports de Manchester en 2017. On a déjoué un complot visant à faire exploser trois bombes autocuiseurs au cours de la fête du Canada en 2013 dans l’édifice du Parlement, à Victoria[13].

Énoncé des risques provinciaux

Répercussions sur le plan humain

Les menaces actives peuvent entraîner une multitude de pertes de vie et de blessures, en fonction de divers facteurs, par exemple la méthode d’attaque, le motif et l’emplacement. Même si ces attaques sont habituellement d’échelle limitée, il est certainement possible que le taux de blessures ou de décès soit élevé, ce qui est le résultat visé par les auteurs.

Répercussions sur le plan social

Parce que ces attaques sont souvent des drames accompagnés d’un facteur de « choc » important, les incidents de ce type peuvent causer un traumatisme psychologique et affecter le fonctionnement de la collectivité.

Dommages matériels

Les dommages de ce type ne sont pas ce que visent les menaces actives, mais certains dommages aux biens peuvent se produire à titre d’effet secondaire.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

Même si les menaces actives visent les personnes et les groupes, les fermetures de routes et les périmètres de sécurité découlant d’une attaque peuvent avoir des effets secondaires limités sur les transports et les réseaux de transport en commun, de même que sur les établissements de santé responsables de recevoir les blessés.

Dommages environnementaux

Les dommages environnementaux sont extrêmement peu probables et ne se produiraient qu’à titre de résultats fortuits et secondaires de ce type de danger.

Répercussions économiques

Les fermetures de routes ou les activités menaçantes près des entreprises ou des industries peuvent influer sur leur fonctionnement. Il est possible qu’une entreprise ou une industrie soit une cible ou qu’elle soit située dans la zone touchée.

 

Danger chimique, biologique, radiologique, nucléaire ou explosif (CBRNE)

Aller au danger précédent : Menace active

Aller au danger suivant : Désordre civil

Définition

Utilisation intentionnelle de matières chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires ou explosives (CBRNE) dans le but de causer un préjudice à des personnes, à des biens, à une entreprise ou à l’environnement. Ces matières peuvent être transformées en armes ou non[14].

Description

Les incidents CBRNE sont tous ceux où il y a rejet intentionnel ou potentiel de matières dangereuses. Cela est différent des incidents liés aux matières dangereuses, qui s’entendent de rejets involontaires de matières dangereuses, et des menaces actives, qui désignent des attaques improvisées « un peu rudimentaires »[15].

Les incidents CBRNE prennent notamment les formes suivantes :

  • Attentats terroristes;
  • Empoisonnement, infection ou ciblage intentionnel d’une personne ou d’un petit groupe au moyen d’une explosion planifiée pour des raisons non politiques;
  • Actes criminels tels que le rejet intentionnel de matières dangereuses afin d’éviter les amendes ou de contourner les exigences réglementaires.

Les répercussions d’un incident CBRNE dépendent d’une vaste gamme de facteurs, notamment le type et la quantité de matières utilisées, la méthode de dispersion, l’emplacement, la densité et l’exposition de la population et les conditions environnementales.

Les incidents CBRNE peuvent entraîner[16] :

  • des effets psychosociaux négatifs;
  • des pertes massives et de nombreux décès et cas de maladie;
  • des problèmes de santé chroniques;
  • la création d’un environnement dangereux;
  • la nécessité immédiate d’une intervention médicale, de systèmes de décontamination et de produits pharmaceutiques spécialisés;
  • nécessité d’utiliser du matériel de détection.

Pour réagir à des menaces extrêmes, par exemple celles énumérées ci-dessus, l’Ontario dispose de nombre de ressources, y compris d’équipes sur les matières chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires ou explosives (CBRNE), qui se composent de nombre de services de gestion des urgences et de spécialistes. Chaque type a ses propres caractéristiques, à savoir[17] :

  • Chimique – Armes dont le principal objectif est d’avoir des effets toxiques;
  • Biologique – Armes qui obtiennent les effets prévus en infectant les personnes par des microorganismes pathogènes, notamment virus ou autres microorganismes;
  • Radiologique Armes qui entraînent l’empoisonnement ou la contamination délibérée par rayonnements d’une zone à l’aide de sources radiologiques. Un engin de dispersion radiologique (EDR) est une arme radiologique de faible technicité appelée également « bombe sale ». Un engin d’exposition radiologique (EER), également appelé « source scellée cachée » est un engin utilisant une matière radioactive partiellement ou totalement non blindée afin d’exposer les gens à leur insu à des doses importantes de rayonnements ionisants[18].
  • Nucléaire – Engins explosifs alimentés par des réactions nucléaires, soit fission (bombe à fission), soit une combinaison de réactions de fission et de fusion (bombe thermonucléaire); ces deux types de bombes libèrent d’énormes quantités d’énergie à partir d’une quantité relativement modeste de matière.
  • Explosif – Engins utilisant des matières explosives pour provoquer une libération extrêmement subite et violente d’énergie. On les appelle également bombes classiques.

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : La taille de la zone touchée dépend de la nature de la ou des attaques.

Période : Les incidents de terrorisme/CBRNE peuvent se produire à n’importe quel moment de l’année, même si les dates peuvent être choisies en fonction de leur importance et du nombre de personnes susceptibles de se trouver à tel jour et telle heure dans la zone visée.

Délai d’avertissement : Puisqu’il s’agit d’un danger d’origine humaine, il se peut qu’il n’y ait aucun avertissement ou que la menace soit bien transmise.

Répercussions éventuelles

Parmi les répercussions éventuelles figurent :

  • des blessures ou décès, qui peuvent mettre à l’épreuve le système de santé et les ressources d’intervention;
  • des signalements de personnes disparues, et la nécessité de mener des opérations de recherche et de sauvetage, en plus de réunir des familles;
  • la perturbation ou la fermeture d’institutions gouvernementales, commerciales ou financières;
  • des dommages matériels et structurels nécessitant des réparations, et un impact possible sur l’infrastructure essentielle;
  • la pression sur les services d’urgence et les ressources affectées aux interventions;
  • des réseaux de communication surchargés;
  • la nécessité d’évaluer les dommages;
  • la nécessité de restreindre l’accès à un site ou à une région;
  • le besoin de procéder à une évacuation ou de mettre en place un refuge;
  • la prestation urgente de ressources pour couvrir les besoins essentiels, comme la nourriture;
  • la nécessité de gérer des débris;
  • la nécessité de renforcer la sécurité publique ou des mesures policières.

Dangers secondaires

Exemples de dangers secondaires découlant d’un acte de terrorisme ou d’un incident CBRNE :

  • Incident lié à des matières dangereuses
  • Effondrement de bâtiments ou de structures
  • Situation d’urgence liée à l’eau potable
  • Crise alimentaire et agricole
  • Situation d’urgence liée aux transports

Incidents antérieurs

Il n’y a pas d’exemples d’événement antérieur en Ontario, mais ce qui suit jette un éclairage sur ce qui pourrait se produire dans la province :

  • Salisbury (R.-U.), 2018 – En mars 2018, Sergei Skripal, ancien officier militaire russe et agent double pour les services du renseignement du R.-U., ainsi que sa fille ont été empoisonnés à l’aide d’un agent neurotoxique Novichok appelé A-234. Un policier et deux civils ont été également empoisonnés, même s’ils n’étaient pas les cibles visées. Un des deux civils est décédé ultérieurement des suites de l’empoisonnement.
  • London (R.-U.), 2005 – Le 7 juillet 2005, des bombes ont explosé en pleine heure de pointe à Londres. Il s’agissait d’attentats coordonnés visant le système de transport collectif : trois bombes ont explosé dans le métro et une dans un autobus, faisant 52 victimes (sans compter les auteurs des attentats) et environ 700 blessés.
  • Moscou, 2010 – En mars 2010, deux kamikazes ont fait exploser des bombes dans deux stations de métro de Moscou, tuant 35 personnes et en blessant beaucoup d’autres.
  • Tokyo (Japon), 1995 – Dans le cadre de cinq attaques coordonnées, les auteurs ont libéré du gaz sarin dans trois lignes de l’actuel métro de Tokyo à l’heure de pointe. Cet acte de terrorisme intérieur par des membres du mouvement culte Aum Shinrikyo, a tué 12 personnes, blessé gravement 50 autres et provoqué des problèmes de vision temporaires chez près de 1 000 autres personnes.

Énoncé des risques provinciaux

Les incidents CBRNE qui sont les plus susceptibles de survenir sont ceux qui mettent en cause des agents explosifs. Il va sans dire que l’achat de ces substances en grande quantité risque d’éveiller les soupçons, mais l’achat de petites quantités à différents endroits et pendant une période étendue peut passer inaperçu.

Les agents chimiques et biologiques utilisés pour viser des personnes ou groupes précis ne sont habituellement pas considérés comme des urgences, mais plutôt comme des activités criminelles. Toutefois, des cas comme l’attaque par un agent neurotoxique à Salisbury, en 2018, posent des défis bien particuliers qui débordent de la capacité des agences habituelles d’intervention.

Il peut être difficile de disperser efficacement des armes chimiques et biologiques dans le but d’exposer le plus grand nombre de personnes possible. Si une telle arme était lancée dans un endroit fermé où se trouvent de nombreuses personnes, il pourrait en résulter un nombre considérable de décès et blessures, selon le type et la quantité de substance utilisée.

Cependant, ce type d’incident nécessiterait probablement une expertise particulière, de la planification, du temps et un perfectionnement supérieur à celui exigé pour la conception d’engins explosifs, qui ont aussi un plus grand potentiel de causer des blessures et des décès. Un incident chimique ou biologique est toutefois une attaque déguisée, et les probabilités que son auteur s’échappe sans qu’il soit repéré sont beaucoup plus élevées.

L’incident nucléaire est le moins probables de tous les types d’incidents CBRNE. Un engin nucléaire aussi perfectionné que ceux qu’utilise l’armée nécessiterait une grande quantité de matières nucléaires, et un engin moins sophistiqué nécessiterait une quantité encore plus grande pour fonctionner. Les pays et les installations nucléaires font un suivi de leur utilisation de matières nucléaires, et toute perte risque d’être remarquée et signalée. Cependant, il n’est pas impossible d’obtenir des matières nucléaires autrement.

Répercussions sur le plan humain

Les attaques terroristes/CBRNE peuvent entraîner une multitude de mortalités et de blessures de masse selon plusieurs facteurs, par exemple la méthode d’attaque et l’emplacement. Les victimes et les membres de la collectivité peuvent subir des réactions psychologiques, par exemple trouble de stress aigu et deuil.

Répercussions sur le plan social

Puisque ces attaques sont souvent dramatiques, accompagnées d’un facteur de « choc » important, les incidents de ce type peuvent provoquer des traumatismes psychologiques et affecter le fonctionnement de la collectivité. De plus, ces incidents sont souvent conçus pour provoquer la peur, perturber le fonctionnement de la société et bouleverser le bien-être général des sociétés par des actes de violence.

Dommages matériels

Il existe un risque de dommages graves à la propriété. Ce type de dommages est une visée courante dans les attaques CRBNE compte tenu du risque de répercussions psychologiques secondaires, mais potentiellement généralisées.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

Une attaque contre un système de transport en commun dont la population est lourdement tributaire peut paralyser une ville entière. Des réseaux ferroviaires, plus particulièrement des métros de grande ville, ont fait l’objet d’attentats au cours des dernières années. Même s’il n’y a pas eu d’attaque réussie dans le transport en commun en Amérique du Nord, il existe également le risque qu’une attaque puisse perturber d’autres éléments de l’infrastructure essentielle, par exemple le réseau électrique.

Dommages environnementaux

Bien que cela ne soit pas courant, il se peut qu’une attaque terroriste cause des dommages environnementaux, directement ou non.

Répercussions économiques

Les entreprises ou les industries risquent d’être directement touchées. Il est possible qu’une entreprise ou une industrie soit une cible ou qu’elle soit située dans la zone touchée.

Désordre civil

Aller au danger précédent : Danger chimique, biologique, radiologique, nucléaire ou explosif (CBRNE)

Aller au danger suivant : Cyberattaque

Définition

Groupe ou groupes de personnes qui font de la désobéissance civile (par exemple, démonstration, émeute ou grève) perturbant une entreprise, un organisme ou une collectivité et exigeant une intervention afin de maintenir la sécurité du public.

Description

Les actions et perturbations civiles sont fréquentes de par le monde, à l’instar du Canada, en raison de motifs politiques, religieux, idéologiques ou autres. Même si ces actions peuvent générer chaos et violence et faire courir des risques aux personnes, ces événements sont légitimes et reconnus comme essentiels à une démocratie qui fonctionne. La police et les organismes d’application de la loi ont pour rôle de protéger la Charte des droits et libertés et de faciliter l’exercice de leurs droits par ces groupes en vertu de l’article 2.

Les personnes qui, délibérément, n’observent pas la loi sont toujours source d’agitation civile, mais ce profil de désordre civil se limite aux types d’actions planifiées ou non planifiées qui suivent[19] :

  • Des attaques perpétrées à l’endroit de personnalités publiques, de policiers ou d’employés de sécurité;
  • Un incident violent ou une émeute entraînant la destruction de la propriété ou une menace à la sécurité publique;
  • Un comportement violent ou non violent posant un risque pour la sécurité publique en perturbant les services ou l’accès aux services ou biens.

Les situations d’urgence liées au désordre civil ne sont pas courantes, mais telles en sont les causes possibles :

  • Des pénuries de ressources;
  • Des rencontres très médiatisées ou controversées;
  • Une victoire ou la défaite d’une équipe sportive;
  • Des conflits de travail virulents;
  • La tenue d’un événement d’envergure locale, nationale ou internationale;
  • L’application de lois, de politiques ou de décisions judiciaires controversées;
  • Des désaccords entre des groupes d’intérêt spéciaux à l’égard d’un problème ou d’une cause en particulier.

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : Les désordres civils sont habituellement un phénomène à petite échelle, affectant une zone localisée. Toutefois, il est possible qu’il y ait des fermetures ou bouclages à grande échelle, même si la menace se limite à un seul endroit.

Période : Le désordre civil peut se produire en tout temps, mais il est plus susceptible d’avoir lieu durant les mois plus chauds.

Délai d’avertissement : Le délai d’avertissement d’un incident associé à du désordre civil varie.

Répercussions éventuelles

Telles sont les répercussions éventuelles d’une situation d’urgence liée au désordre civil :

  • Dommages matériels et structurels nécessitant des réparations; Impact possible sur l’infrastructure essentielle;
  • Blessures ou décès possibles;
  • Activités de surveillance et de suivi améliorées;
  • Perturbations du transport multimodal et nécessité de faire des détours ou de modifier des itinéraires, ce qui peut mettre à dure épreuve des ressources affectées à l’organisation des transports et entraîner des retards;
  • Nécessité de restreindre l’accès à un site ou à une région;
  • Nécessité de procéder à une évacuation ou de mettre en place un refuge;
  • Nécessité de renforcer la sécurité publique ou des mesures policières.

Dangers secondaires

Exemples de dangers secondaires associés au désordre civil

  • Sabotage

Incidents antérieurs

Deux incidents antérieurs peuvent être cités :

Toronto, 2010 – Durant le Sommet du G20 de 2010 dans le centre-ville de Toronto, un petit groupe a causé énormément de dommages et tenté d’inciter la population à la violence. Ceux qui en faisaient partie ont brisé des fenêtres et des vitrines de commerces, et ont mis le feu à plusieurs voitures de police. Un périmètre a été bouclé autour de quatre grands hôpitaux, plusieurs hôtels et un grand centre commercial situés près des manifestations violentes. Les trajets de transport en commun ont été suspendus ou modifiés.

Ipperwash, 1995 – La crise Ipperwash s’est produite en 1995 sur des terrains du Parc provincial Ipperwash et ses environs, en Ontario, et a été revendiquée par la Première Nation de Kettle et Stony Point. Cette crise était due au fait que le gouvernement fédéral s’était approprié la réserve de Stoney Point en 1942 pour en faire un camp militaire. Après les demandes répétées de restitution des terres, les membres de la Première Nation de Stony Point ont occupé le camp en 1993 et en 1995. Le 4 septembre 1995, les protestataires ont également occupé le Parc provincial Ipperwash, situé à proximité. La tension entre les protestataires et la Police provinciale de l’Ontario (PPO) s’est intensifiée, aboutissant à une confrontation pendant laquelle Anthony O’Brien « Dudley » George, protestataire autochtone, a perdu la vie.

Énoncé des risques provinciaux

Répercussions sur le plan humain

Il est possible que, à l’issue d’une situation dangereuse de ce type, les participants, les policiers, les forces de sécurité, les passants et d’autres personnes dans les environs immédiats subissent des blessures. Ce type d’incident varie en partie en fonction de l’intention des personnes impliquées, du degré de violence ainsi que de l’emplacement et de la proximité d’autres personnes, biens ou services.

Certaines blessures peuvent être attribuables à l’utilisation d’agents antiémeutes, sans compter que ces derniers risquent de contaminer les professionnels de la santé lorsqu’ils prodiguent des soins aux personnes touchées.

Répercussions sur le plan social

Les répercussions sociales du désordre civil sont peu probables, mais les menaces pesant sur les services essentiels ou des biens ne seraient pas négligeables.

Dommages matériels

Les dommages matériels, plus particulièrement ceux subis par des commerces, sont les plus courants et les plus probables parmi les répercussions du désordre civil. Selon la cause ou le motif du désordre, il est possible que des entreprises particulières soient ciblées, ou encore des biens précis.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

Les auteurs de tels actes peuvent viser tout élément de l’infrastructure essentielle. Les incidents liés à un désordre civil peuvent avoir d’importantes répercussions sur le secteur de la santé, compte tenu du risque de blessures et du fait que l’accès aux installations prodiguant des soins pourrait être bloqué.

Dommages environnementaux

Les dommages environnementaux ne sont pas souvent associés au désordre civil.

Répercussions économiques

Certaines entreprises pourraient être visées, entraînant des dommages à la propriété ou une perte de réputation. D’autres peuvent devoir fermer pendant un désordre civil qui devient une situation d’urgence.

Cyberattaque

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Définition

Attaque dans le cyberespace pour perturber, mettre hors service, détruire ou contrôler de façon malintentionnée un environnement ou une infrastructure informatique, ou détruire l’intégrité des données ou voler des renseignements contrôlés[20].

Description

Dans les cyberattaques, on fait appel à un accès non autorisé ou à du code malveillant pour altérer les codes informatiques, la logique ou les données, entraînant des conséquences perturbatrices susceptibles de compromettre les données ou de détourner des systèmes et ressources clés. Les cybercrimes, par exemple intimidation ou harcèlement en ligne, sont donc exclus de la portée de ce profil.

Les cyberattaques constituent une préoccupation croissante tant à l’échelle national qu’internationale[21]. Parmi les cadres les plus largement acceptés et adoptés pour comprendre et définir les menaces à la cybersécurité, mentionnons le programme Computer Emergency Response Team (US-CERT), qui offre des exemples précis d’actes considérés comme des cyberattaques, qui peuvent comprendre, sans que cela soit limitatif :

  • des tentatives (fructueuses ou non) d’obtenir un accès non autorisé à un système ou à ses données;
  • la perturbation ou le déni de service indésirable;
  • une utilisation non autorisée d’un système pour le traitement ou le stockage des données;
  • des modifications du matériel système, de la microprogrammation ou des caractéristiques logicielles, à l’insu du propriétaire et à l’encontre de ses instructions ou sans son consentement.

Il existe de nombreux types d’attaques, notamment[22] :

  • Déni de service – Un auteur cherche à priver les utilisateurs légitimes de l’accès à une machine ou à un service réseau, par exemple Internet;
  • Rançongiciel (logiciel rançonneur) – Type de maliciel qui empêche les utilisateurs d’avoir accès à leur système ou limite cet accès, soit en verrouillant l’écran système ou les fichiers utilisateurs, à moins qu’une rançon soit versée;
  • Divulgation de renseignements – Atteinte à la vie privée ou fuite de données privées;
  • Usurpation (de l’identité de l’utilisateur) – Personne ou programme qui réussit à se faire passer pour un autre en falsifiant les données, obtenant ainsi un avantage illicite;
  • Altération – Modification malveillante des données;
  • Attrition – Attaque ayant recours à des méthodes de force brute pour compromettre, détériorer ou détruire des systèmes, réseaux ou services;

Dans ces actes, on utilise toute une gamme de méthodes diverses d’attaque, y compris exécutées à partir de supports amovibles, par exemple dispositifs USB, Internet, courriel, vol d’équipement ou autres moyens.

La cybersécurité dépend en grande partie des politiques, protocoles et procédures mis en place par les organismes qui sont des cibles potentielles, ce qui comprend toute organisation ou tout individu ayant des données ou une infrastructure numérique. Du point de vue de la sécurité publique, cela comprend l’infrastructure essentielle, les entreprises et les gouvernements.

Même si, en majorité, les attaques ne sont pas signalées, d’où la difficulté de suivre les tendances et les menaces en matière de cybersécurité, on croit qu’elles sont en hausse[23]. Les motifs de cette sous-déclaration sont nombreux, notamment le fait que la victime pourrait ne pas être consciente de l’attaque ou au courant de la façon de déclarer un incident, ou inquiète des dommages à sa réputation. Des articles modifiés de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) en 2018 sont entrés en vigueur dès le 1er novembre 2018[24]. Ces articles ajoutent l’obligation de déclarer des atteintes à la LPRPDE, dont les infractions suivantes (pouvant donner lieu à des amendes, jusqu’à 100 000 $)[25] :

  • l’omission délibérée de signaler une atteinte à la protection des données;
  • l’omission délibérée d’aviser un individu, au besoin (infractions distinctes pour chaque individu);
  • l’omission délibérée de tenir ou de détruire des dossiers d’atteinte à la protection des données.

Le ministère de la Défense nationale (MDN) communique des renseignements sur la défense pour mettre le gouvernement du Canada au fait des processus d'évaluation de la menace et des risques. Il est également responsable du Centre de la sécurité des télécommunications (CST). Sous la direction du CST, et en tant qu’initiative clé de la Stratégie nationale de cybersécurité, les fonctions de cybersécurité de trois ministères seront réunions pour former un « organisme de pointe unique et axé sur l’avenir », appelé le Centre canadien pour la cybersécurité (CCC)[26].

De nombreuses autres organisations gouvernementales ont aussi un rôle à jouer en ce qui a trait à la cybersécurité au Canada, dont le Centre canadien de réponse aux incidents cybernétiques (CCRIC), Services partagés Canada (SPC), le Centre national de coordination de la lutte contre la cybercriminalité de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Bon nombre de ces organisations forment également des composantes essentielles du Plan de gestion des incidents en matière de technologie de l’information du gouvernement du Canada. De plus, Industrie Canada (IC) est responsable du système des télécommunications au Canada, dont assurer la continuité des télécommunications en cas de situation d’urgence.

Les cyberattaques varient quant à la complexité et aux besoins en ressources. Les services militaires et du renseignement étrangers sont à l'origine des cybermenaces les plus évoluées[27]. Dans la plupart des cas, ces attaquants sont patients et persistants, et ils ont d'importantes ressources à leur disposition. Des rapports produits au Canada et ailleurs dans le monde confirment que les auteurs de ces attaques ont réussi à voler des secrets industriels et des secrets d'État, des données privées et d'autres renseignements à valeur stratégique.

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : L’échelle spatiale d’une cyberattaque peut considérablement variée, selon la cible et les réactions en chaîne.

Période : Les cyberattaques peuvent se produire à n’importe quel moment de l’année.

Délai d’avertissement : Le délai d’avertissement varie, car il s’agit d’un danger d’origine humaine. Les menaces peuvent être annoncées ou aucunement.

Répercussions éventuelles

Les cyberattaques peuvent avoir les répercussions suivantes :

  • La perturbation ou la fermeture d’institutions gouvernementales, commerciales ou financières;
  • L’interférence avec les signaux d’ondes radioélectriques et les réseaux électriques Un impact possible sur l’infrastructure essentielle;
  • La perte de données;
  • Des dommages à la réputation;

Dangers secondaires

Exemples de dangers secondaires découlant d’une cyberattaque

  • Incident lié à des matières dangereuses
  • Perte de données

Incidents antérieurs

  • WannaCry, 2017 – Cette attaque, en mai 2017, a affecté plus de 300 000 ordinateurs de par le monde, y compris au Canada, et a eu des répercussions d’envergure sur les agences gouvernementales. Plus particulièrement, les systèmes clés, notamment les téléphones et les ordinateurs du National Health Service, au Royaume-Uni, ont été affectés. Il y a eu des demandes de paiement allant de 300 $ à 600 $ pour rétablir l’accès aux données verrouillées;
  • Piragate d’Equifax, 2017 – Equifax a fait l’expérience d’une infraction à la sécurité du 13 mai au 30 juillet 2017 et en a informé le public en septembre 2017. Les données d’environ 100 000 consommateurs canadiens ont été compromises, en plus de celles de 143 citoyens des É.-U. Equifax est l’une des deux seules grandes sociétés d’enquête de solvabilité au Canada et approximativement 90 % des prêteurs y ont recours pour évaluer la solvabilité des clients; elle est donc considérée comme essentielle à l’économie;

Réseau électrique d’Ukraine, 2015 – Une cyberattaque sur le réseau d’électricité de l’Ukraine a eu lieu le 23 décembre 2015, au moment où les pirates ont pu réussir à compromettre les systèmes et à interrompre temporairement l’alimentation en électricité. L’attaque visait au départ les travailleurs de l’information, ce qui a alors permis aux pirates d’avoir accès aux réseaux SCADA et de perturber la distribution d’électricité.

Énoncé des risques provinciaux

Une grande partie des réseaux de l’infrastructure essentielle et des entreprises de l’Ontario dépend largement de la technologie informatique. Les attaques peuvent viser ou affecter des services essentiels, et donner lieu notamment à des pannes ou à demandes de rançons concernant le transport en commun, les services de santé ou les services gouvernementaux[28], les systèmes bancaires ou les données des patients[29].

Parmi les secteurs particulièrement préoccupants, mentionnons les gouvernements, les soins de santé et l’enseignement supérieur, en raison de leurs données précieuses et de leur rôle essentiel dans la société. Il faut également signaler la myriade de systèmes privés interconnectés, qui constitue l’épine dorsale économique du Canada et appuie les systèmes mondiaux de commerce et d’affaires. Les systèmes d’infrastructures critiques sont couramment visés et à risque, particulièrement les systèmes qui utilisent le Supervisory Control and Data Acquisition (SCADA) dont on connaît la vulnérabilité particulière aux cyberattaques. Il s’agit notamment des centrales d’électricité et des usines d’épuration des eaux, des réseaux de distribution de gaz, de télécommunication et même de transport.

Le Canada participe activement au développement de la technologie de l’information et à la lutte contre les cyberattaques, et il est également l’un des premiers pays à avoir élaboré des lois contre les cyberattaques. Malgré cela, le cadre législatif du Canada en matière de cybersécurité continue d’accuser du retard par rapport aux normes établies par les chefs de file mondiaux, comme l’Union européenne, et les exemples à cet égard témoignent d’une volonté de suivre le rythme rapide de l’évolution des cybermenaces.

Répercussions sur le plan humain

Même si les effets matériels directs ne sont pas une menace éventuelle des cyberattaques, la perte de renseignements personnels peut être à l’origine immédiate de conséquences catastrophiques à long terme pour les personnes touchées. Ces situations peuvent nuire à la capacité d’un individu ou d’une famille de gérer les simples nécessités et aboutir à du stress et à un préjudice important pour les personnes affectées.

Répercussions sur le plan social

Les répercussions sociales directes d’une cyberattaque sont peu probables, sauf comme conséquences secondaires d’autres dangers.

Dommages matériels

Des dommages matériels ne résultent pas souvent de cyberattaques, malgré des situations où il s’en produirait.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

Une attaque visant l’infrastructure essentielle pourrait rendre inapte celle-ci et priver des milliers de personnes de l’accès à des services cruciaux.

Dommages environnementaux

Les dommages environnementaux ne résultent habituellement pas de façon directe des cyberattaques, mais si celles-ci sont ciblées, des incidents comme le déversement de polluants pourraient se produire.

Répercussions économiques

Une cyberattaque pourrait avoir d’importantes répercussions financières pour une entreprise ou un organisme, dont des amendes imposées au moyen de la réglementation gouvernementale ou encore une indemnisation aux victimes de pertes de renseignements personnels. Cela s’ajoute à tout effet financier direct d’une attaque, par exemple l’information sur la rançon pour le bénéfice financier de l’attaquant.

Une attaque sur le marché boursier ou dans les institutions financières pourrait avoir de grandes répercussions financières pour une économie locale, régionale ou nationale. Pareil incident peut également entraîner une baisse de la confiance du public concernant la sécurité d’un système ou d’un organisme.

Impulsion électromagnétique (IEM)

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Définition

On appelle IEM une impulsion d’énergie électromagnétique produite par des armes conçues et déployées dans le but de produire une IEM. L’IEM peut se produire en tant que champ rayonné, électrique ou magnétique ou par un courant électrique par conduction, selon la source.

Description

L’effet principal de l’IEM est d’endommager les systèmes électriques, sans aucun effet connu sur les organismes vivants. L’IEM est un engin « explosif » en ce sens qu’il y a émission d’énergie et que le motif de son utilisation peut être analogue à celui d’autres types d’engins explosifs.

Toutefois, l’effet est bien différent de ceux des armes CBRNE ou des incidents à menace active. La réaction aux CBRNE est hautement spécialisée, conçue spécifiquement pour réagir à la contamination par des produits chimiques, biologiques ou radioactifs ou dommages physiques provenant d’explosions. Pour ces motifs, les IEM et les CBRNE sont des dangers distincts.

L’IEM peut, très probablement, endommager les réseaux d’électricité, les appareils électroniques et les systèmes d’information dont dépend la société. La portée d’une IEM est déterminée par divers facteurs, notamment le rendement en puissance, l’altitude, le champ magnétique terrestre et les environs.

Le présent profil couvre les IEM en tant qu’armes, ce qui comprend :

  • Les impulsions électromagnétiques d’origine nucléaire résultant d’une explosion nucléaire. Une variante de cela est l’IEM d’origine nucléaire à haute altitude (IEMNHA), capable de détruire le matériel électronique sensible d’une vaste région.
  • Les armes à impulsion électromagnétique non nucléaires (IEMNN). Ces armes ont une portée limitée, mais peuvent être utilisées pour cibler des objectifs spécifiques, par exemple un élément de l’infrastructure essentielle[30].

Certains types d’IEM peuvent se produire à titre de danger secondaire de la météo spatiale ou de l’écrasement d’un objet spatial. Ces éléments créent des effets analogues à une IEM-arme, telle que décrite dans le présent profil. Tels sont ces types d’IEM :

  • IEM météorique – Décharge d’énergie électromagnétique résultant de l’impact d’un météoroïde avec un astronef ou l’intrusion explosive d’un météoroïde traversant l’atmosphère de la Terre;
  • Éjection de matière coronale (EMC) – Jet de plasma et champ magnétique concomitant éjecté par la couronne solaire et rejeté dans le vent solaire

Même si les impulsions électromagnétiques d’origine nucléaire (IEMN) sont le type risquant le plus de provoquer des dommages, elles semblent les plus difficiles et les plus complexes à produire et à déployer. Une IEMN ne peut se produire que dans la foulée de l’explosion d’une bombe nucléaire et une IEM d’origine nucléaire à haute altitude (IEMNHA) nécessiterait une dénotation très loin au-dessus de la surface terrestre.

Les objets métalliques agissent comme antennes et conduisent l’énergie électrique émise par une IEM. Ces objets métalliques sont notamment les lignes d’électricité et de téléphone, les pipelines, les aéronefs, les voitures et les camions. Les IEM associées à de hautes altitudes peuvent affecter les satellites. Les IEM peuvent également perturber ou même endommager l’équipement de distribution électrique de base[31].

Dans divers rapports gouvernementaux, par exemple celui de la commission américaine du Congrès sur les IEM et du service de recherche du Congrès, on a confirmé l’augmentation de la probabilité d’événements IEM de divers types[32].

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : L’échelle spatiale d’une attaque IEM pourrait être aussi vaste que la nation entière s’il s’agissait d’un accident nucléaire. L’IEM non nucléaire aurait une portée beaucoup plus limitée, restreinte probablement à un bien particulier ou à un groupe de systèmes adjacents.

Période : L’IEM pourrait se produit à n’importe quel moment de l’année.

Délai d’avertissement : Le délai d’avertissement est variable, car les menaces peuvent être annoncées ou aucunement.

Répercussions éventuelles

Les attaques IEM peuvent avoir les répercussions suivantes :

  • La mise à l’épreuve du système de santé et des ressources d’intervention;
  • La perturbation ou la fermeture d’institutions gouvernementales, commerciales ou financières;
  • La perte de machines servant au paiement électronique et de guichets automatiques, et la nécessité de fournir ou d’obtenir une aide financière;
  • La perte de données;
  • Des dommages matériels nécessitant des réparations, et un impact possible sur l’infrastructure essentielle;
  • La pression sur les services d’urgence et les ressources affectées aux interventions;
  • L’interférence avec les signaux d’ondes radioélectriques et les réseaux électriques; Un impact possible sur l’infrastructure essentielle;
  • La perturbation de systèmes de navigation et d’autres services de satellites;
  • Des réseaux de communication surchargés;
  • La nécessité d’évaluer les dommages;
  • La nécessité de restreindre l’accès à un site ou à une région;
  • Le besoin de procéder à une évacuation ou de mettre en place un refuge;
  • La prestation urgente de ressources pour couvrir les besoins essentiels, comme la nourriture;
  • La nécessité de renforcer la sécurité publique ou des mesures policières.

Dangers secondaires

Exemples de dangers secondaires découlant d’une IEM

  • Perte de données
  • Incendie ou explosion
  • Sécurité publique
  • Problèmes d’approvisionnement et de distribution

Incidents antérieurs

Les seules utilisations connues d’IEM-armes l’ont été dans des essais effectués par les services militaires des États-Unis et de l’Union soviétique, soit respectivement :

  • Océan Pacifique, 1962 – Dans l’essai du nom de code Starfish Prime en 1962, une charge de 1,44 mégatonne a retenti dans un rayon de 250 miles dans l’espace. L’impact a éteint l’éclairage des voies publiques et endommagé des téléphones à Hawaii;
  • Kazakhstan, 1962 – L’Union soviétique a aussi procédé à trois essais nucléaires produisant des impulsions (IEM) dans l’espace.

Énoncé des risques provinciaux

Le recours à tout type d’IEM-arme est improbable hors le contexte d’une attaque entamée par un pays. Cependant, ses répercussions seraient notamment les suivantes :

Répercussions sur le plan humain

Les répercussions sur le plan humain ne seraient sans doute pas attribuables à l’IEM en soi.

Répercussions sur le plan social

Les répercussions sociales directes d'une cyberattaque sont peu probables; toutefois, les dangers secondaires causés par une IEM, notamment la perturbation de l’infrastructure civile, ainsi que les dommages économiques éventuels, pourraient avoir de graves effets sur la capacité d’avoir accès aux réseaux ou aux soutiens sociaux.

Dommages matériels

Il est peu vraisemblable qu’une IEM entraîne des dommages aux biens.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

Les pannes des réseaux et composantes électriques peuvent, à leur tour, avoir de graves effets sur d’autres aspects importants de la vie quotidienne dans de vastes régions. Cela peut comprendre le système financier, les moyens de s’approvisionner en aliments, en eau et d’obtenir des soins médicaux, et affecter le commerce et la production des marchandises et des services.

Une attaque IEM sur l’infrastructure essentielle pourrait rendre inapte celle-ci et priver des milliers de personnes de l’accès à des services cruciaux. L’infrastructure critique pourrait être expressément ciblée et les effets, en corollaire, seraient néfastes sur la population qui en dépend, ainsi que sur tout autre bien, système, service ou autre infrastructure essentiels connexes. 

Dommages environnementaux

Les dommages environnementaux ne résultent pas vraisemblablement de façon directe des IEM, mais si celles-ci sont ciblées, des incidents comme le déversement de polluants pourraient se produire. Il s’agirait alors d’incidents secondaires.

Répercussions économiques

Une IEM pourrait avoir d’importantes répercussions financières pour une entreprise ou un organisme. Une attaque visant le marché boursier entraînerait des répercussions financières de grande envergure. Pareil incident peut également entraîner une baisse de la confiance du public concernant la sécurité ou la solidité de systèmes ou d’organismes.

Pressions géopolitiques

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Définition

L’influence des pressions géopolitiques étrangères et nationales[33], provenant de l’extérieur des frontières politiques provinciales de l’Ontario et menant à une menace réelle ou imminente pour la province

Description

Les facteurs géopolitiques s’entendent de « l’influence de facteurs comme la géographie, l’économie et la démographie de la politique et particulièrement de la politique étrangère d’un État[34]. Il peut se produire des situations économiques, environnementales ou autres résultant directement de l’activité géopolitique et pouvant aggraver les dangers existants ou provoquer des situations d’urgence secondaires.

Ces pressions peuvent provenir de l’extérieur des limites politiques du Canada, par exemple de l’immigration ou de conflits. Certaines pressions peuvent prendre leur source au Canada, par exemple les litiges commerciaux interprovinciaux ou les crises économiques. Les situations de ce genre peuvent aboutir à des menaces imminentes ou réelles à l’endroit des personnes, des systèmes ou des biens dans la province. Parmi les autres pressions géopolitiques, mentionnons les déplacements régionaux de populations, les litiges commerciaux ou les revendications territoriales.

Ces pressions peuvent également aboutir à des efforts conjoints de gestion et d’intervention entre provinces ou territoires[35].

Quelques exemples sont groupés par thème ci-dessous :

Migration de masse

Il faut entendre par migration de masse la migration de grands groupes de personnes d’une région géographique à une autre. Ce n’est pas la même chose qu’une migration individuelle, une immigration à petite échelle ou une migration saisonnière, ces dernières pouvant se produire périodiquement[36].

La géographie du Canada impose généralement une limite aux migrations, mais il existe nombre d’exemples historiques de mouvements à grande échelle de personnes vers le Canada, par exemple la réinstallation de réfugiés.

Ces situations ne sont aucunement des urgences, sauf si les besoins de réponse dépassent la capacité actuelle, exigeant ainsi des mesures hors de l’ordinaire. Il en est ainsi de tous les dangers.

Volatilité et conflits régionaux

Les politiques, les conflits, le commerce et les relations interrégionales peuvent être une source de pressions géopolitiques. Ainsi, l’introduction de politiques protectionnistes dans d’autres pays peut influer sur l’économie canadienne et se répercuter sur la disponibilité des biens et services, par exemple les médicaments essentiels.

La guerre constitue une autre menace. On entend ici une guerre réelle ou imminente ou tout autre conflit armé qui touche le Canada ou un de ses alliés, d’une ampleur suffisante pour constituer une situation d’urgence nationale. La menace d’une guerre ou d’un conflit international existe en tout temps. Une déclaration de guerre n’importe où dans le monde pourrait avoir une incidence sur le Canada et l’Ontario. Les répercussions possibles varient grandement selon le type d’urgence, et vont des décès aux interruptions des activités commerciales.

Instabilité économique

Divers facteurs, notamment l’inflation, les questions de confiance des consommateurs, les taux de chômage et la hausse de prix des marchandises peuvent être source d’instabilité économique. Cela peut se répercuter sur la capacité des entreprises de prospérer ou sur le coût de la vie et le mieux-être physique, affectif et financier des consommateurs et des familles.

Voici un autre exemple : une hausse subite du prix d’un produit particulier, par exemple le pétrole[37].

Selon le Réseau d’information des Nations Unies sur l’administration politique et les finances, les pressions géopolitiques sont l’une des cinq principales tendances en gestion de la sécurité et des risques pour 2018. Plus particulièrement, les auteurs attirent l’attention sur l’importance de comprendre les risques géopolitiques liés aux décisions d’achat en matière de logiciels, matériels et services essentiels à l’exploitation[38].

Coordination de la politique internationale

La coordination et la coopération en matière de politique internationale ont leur importance pour désamorcer les tensions politiques et contenir les dangers secondaires des pressions géopolitiques résultant de crises comme la pandémie d’Ebola[39]. Ces efforts de négociation et de médiation interviendraient à l’extérieur du Canada, entre d’autres partenaires étrangers. L’escalade de la coordination politique inefficace pourrait entraîner un incident franchissant les frontières canadiennes.

Répercussions éventuelles

  • Incidence sur la stabilité économique, sociale ou politique
  • Perturbation ou fermeture des institutions gouvernementales, commerciales ou financières
  • Aggravation de problèmes sociaux systémiques existants
  • Répercussions financières et économiques, dont des réductions dans les dépenses du gouvernement et des effets sur la disponibilité des services

Dangers secondaires

  • Désordre civil
  • Pénurie de produits pétroliers
  • Pénurie de médicaments
  • Pénurie d’aliments

Incidents antérieurs

Des situations ont obligé l’adoption d’une approche pangouvernementale tous azimuts mobilisant la collaboration de la totalité des partenaires fédéraux, provinciaux, locaux, les ONG et autres, pour à la fois gérer l’afflux et réinstaller des réfugiés au Canada[40].

  • Abrogation du statut de protection temporaire : Le gouvernement des États-Unis a mis fin au « statut de protection temporaire » de près de 300 000 personnes de 2017 jusqu’au début de 2018. Cette protection permettait aux personnes ayant souffert de catastrophes environnementales de vivre temporairement aux États-Unis. Lorsque les États-Unis ont abrogé ce statut, cela a suscité une nouvelle poussée de demandeurs d’asile au Canada en vertu de l’entente sur les « tiers pays sûrs ». Cet afflux a dépassé par endroit les capacités locales, entraînant l’affectation de certaines ressources extraordinaires, particulièrement dans les collectivités désignées pour la réinstallation des réfugiés, mais cela n’a pas généré de crise généralisée.
  • Crise financière mondiale de 2007-2008 : De l’avis de nombre d’économistes, cette crise est considérée comme ayant été la pire crise financière depuis la Grande Dépression des années 1930. Elle a commencé en 2007 par une crise sur le marché hypothécaire aux États-Unis pour dégénérer en crise bancaire internationale. La prise de risques excessifs par les banques, par exemple Lehman Brothers, a amplifié l’impact financier à l’échelle mondiale. Le Canada a connu une récession, entraînant la perte de presque 406 000 emplois à plein temps entre octobre 2008 et avril 2009[41].

Énoncé des risques provinciaux

Les situations d’urgence découlant de pressions géopolitiques peuvent entraîner une série de risques.

Répercussions sur le plan humain

Les répercussions sur le plan humain ne seraient sans doute pas attribuables aux pressions géopolitiques en soi.

Répercussions sur le plan social

L’effet des pressions politiques, sociales et économiques peut entraîner la perte de la cohésion sociale et de l’accès aux réseaux de soutien. Des facteurs comme la perte de revenu ou de la sécurité du logement peuvent amplifier ces effets, entraînant une exposition et une vulnérabilité accrues à une gamme d’autres risques.

Dommages matériels

Il est peu vraisemblable que les pressions géopolitiques entraînent des dommages aux biens.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

Des perturbations de l’infrastructure essentielle pourraient survenir, particulièrement si les pressions géopolitiques ont pour effet d’interrompre l’approvisionnement en fournitures cruciales comme des médicaments, des carburants et d’autres biens de première nécessité.

Dommages environnementaux

Il est peu vraisemblable que les pressions géopolitiques entraînent des dommages environnementaux.

Répercussions économiques

On peut fort probablement s’attendre à d’importantes répercussions sur le plan économique à cause de pressions géopolitiques. Selon la situation, une récession économique, des déficits commerciaux et d’autres effets pourraient nuire aux économies canadiennes.

Catastrophe de masse

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Définition

Les incidents générés par les forces ou comportements de la foule et qui atteignent des niveaux où il est difficile de résister ou de garder le contrôle.

Description

Les foules ou grandes concentrations de personnes ne sont pas rares dans notre société moderne. Il peut s’agir de rassemblements officiels ou officieux, planifiés ou spontanés.

À l’occasion, les lacunes attribuables à l’endroit ou à la gestion des foules sont à l’origine de blessures et de mortalités. Pour la plupart, ces catastrophes peuvent être prévenues par de simples stratégies de gestion des foules. Les principaux objectifs de la gestion des foules sont d’éviter les densités critiques de la foule et le déclenchement de mouvements collectifs rapides. Parmi les déterminants clés du risque, mentionnons la nature de la foule, la formation du personnel, les procédures de communication, la planification et la capacité d’intervention d’urgence et les voies de déplacement[42].

Même si, généralement, peu de personnes présentes à un rassemblement ont l’intention, dès le départ, de prendre part à des activités violentes, la propension à des comportements violents peut se propager rapidement au sein d’un groupe en raison d’un phénomène psychologique que l’on appelle « personnalité de foule ». Le fait de se retrouver dans un groupe amplifie toute la gamme d’émotions ressenties par les personnes qui en font partie, allant de la joie à la colère. Il est donc possible qu’un petit nombre de personnes ayant l’intention d’inciter à la violence exerce une grande influence sur une foule[43].

Les comportements et caractéristiques des foules peuvent varier d’une atmosphère de détente à un environnement d’agressivité[44]. Dans les foules agressives, certains membres peuvent être menaçants et peuvent mettre en difficulté la capacité des services de sécurité publique. Ils tendent à être impulsifs, très émotifs et n’ont besoin que d’une faible stimulation pour passer à la violence.

Tout récemment, les tribunes en ligne et les médias sociaux ont joué un rôle appréciable dans l’organisation, la sensibilisation et la planification de la réaction en ce qui a trait à la participation à des rassemblements de masse et grands événements. Ces formes de communication sont à l’origine d’un plus grand nombre de cas de rassemblements de masse spontanés et non réglementés[45]. Ces rassemblements, habituellement, ne suivent pas les mêmes ensembles rigoureux d’exigences que les événements autorisés et, de la sorte, sont à l’origine de risques accrus pour la sécurité publique.

Ces tendances obligent les services d’application de la loi et les autres institutions de sécurité publique à se spécialiser dans la surveillance des tendances et la coordination de l’information sur les événements entre la sécurité publique, la population civile et d’autres organisations liées à la gestion et à la sécurité des événements.

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : L’échelle spatiale d’une catastrophe touchant des foules varie selon le type d’événement.

Période : De tels incidents peuvent se produire en tout temps, mais il est plus courant de les voir durant les mois plus chauds.

Délai d’avertissement : Les organisateurs planifient habituellement les événements officiels des mois avant leur tenue, mais les rassemblements spontanés ou non officiels sont moins faciles à prédire.

Répercussions éventuelles

Les répercussions éventuelles d’un rassemblement de masse pourraient être les suivantes :

  • Blessures ou décès possibles;
  • Nécessité de restreindre l’accès à un site ou à une région;
  • Activités de surveillance et de suivi améliorées.

Dangers secondaires

Les catastrophes touchant des foules pourraient entraîner des dangers secondaires comme suit :

  • Situation d’urgence dans le secteur de la santé;
  • Incident lié à des matières dangereuses;
  • Effondrement de structures.

Incidents antérieurs

L’Ontario n’a connu aucune situation d’urgence dans la catégorie des événements de masse. Parmi les exemples bien connus à l’étranger, mentionnons :

Arabie saoudite, 2015 – Au moins 2 110 pèlerins ont perdu la vie dans un incident d’écrasement pendant le hadj.

Duisburg, Allemagne, 2010 – Au moins 500 personnes ont été blessées et 21 autres ont perdu la vie dans une catastrophe de foule au festival de musique de danse électronique Love Parade 2010.

Hillsborough, Angleterre, 1989 – Quatre-vingt-seize personnes ont été écrasées à mort et 400 autres ont été blessées lors d’un match de football lorsque la police a ouvert les barrières pour éviter le surpeuplement à l’extérieur du stade de Hillsborough. En raison de la ruée qui en a résulté, des supporters ont été piégés contre des clôtures antiémeutes.

Ohio, États-Unis, 1979 – Une débandade de participants à un concert, à l’extérieur des portes d’entrée du Riverfront Coliseum, à Cincinnati, a entraîné le décès de 11 personnes.

Ibrox Stadium, Écosse, 1971 – La catastrophe d’Ibrox a été provoquée par un affrontement au sein de la foule dans une partie de football Old Firm, où 66 personnes ont perdu la vie et plus de 200 autres ont été blessées.

Énoncé des risques provinciaux

Répercussions sur le plan humain

Prendre soin des blessés peut être difficile dans des environnements où la foule est dense ou dans les situations de chaos, en raison de difficultés logistiques et de sécurité liées aux rassemblements de masse. Le grand risque, dans ces incidents, est d’être blessé ou tué.

Répercussions sur le plan social

Les répercussions sociales d’une catastrophe touchant des foules sont peu probables. Il est peu vraisemblable que les réseaux et systèmes de soutien soient touchés par ce type d’événement.

Dommages matériels

En raison des activités qui s’y déroulent, les bureaux des administrations municipales et des gouvernements provinciaux et fédéral, les bâtiments connus, les universités, les places et les installations sportives sont plus à risque d’être touchés par des désordres civils. Les endroits à proximité de ceux-ci courent aussi le risque de dommages.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

Les incidents liés à un désordre civil peuvent avoir d’importantes répercussions sur le secteur de la santé. L’accès aux soins de santé pourrait subir directement les effets d’un débordement causé par un rassemblement de masse ou d’une hausse soudaine de personnes ayant besoin de soins médicaux. Par conséquent, le secteur de la santé doit établir des plans d’urgence en cas de désordre civil.

Dommages environnementaux

Les dommages environnementaux ne sont pas souvent associés à de tels incidents.

Répercussions économiques

Certaines entreprises peuvent éprouver les effets secondaires d’événements de foule, notamment le débordement de foules violentes ou touchées dans les zones résidentielles ou commerciales. De plus, au chapitre des effets économiques, il faut mentionner les dommages où la perte de réputation des entreprises ou autres organisations, ou des lieux publics.

Sabotage

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Définition

Tout acte de contrainte, de collusion, d’altération, de destruction, de corruption ou toute mesure subversive dont l’objet est de provoquer des dommages et des perturbations et menacer la sécurité publique.

Dans les actes de sabotage, l’intention n’est pas de blesser des personnes.

Description

Le sabotage est un acte malveillant qui peut également être utilisé dans le cadre d’attaques hybrides sur des entreprises, des organisations ou des pays (en combinaison avec d’autres dangers, par exemple une cyberattaque ou une menace active) ou en tant que moyen isolé d’atteindre une fin malveillante spécifique.

Le sabotage peut prendre les formes suivantes :

  • Actions visant à influencer des décisions d’entreprises ou de gouvernements;
  • Altération d’un processus;
  • Publication intentionnelle de renseignements confidentiels et délicats.

Le sabotage peut résulter de menaces internes, notamment par des employés ou une autre personne ayant un accès systématique aux installations (tandis que l’accès du grand public est contrôlé), à l’emplacement ou à l’objet ciblés. Par opposition, une menace externe viendrait d’une personne qui n’a pas accès aux installations, à l’emplacement ou à l’objet ciblés[46].

Les motivations des personnes qui ont recours au sabotage sont extrêmement variées, mais on y trouve l’intention d’obtenir de la publicité pour une cause ou une idéologie, de se venger d’injustices perçues ou de perturber des entreprises.

Les actes de sabotage internes sont plus probablement le fait d’individus qui s’estiment victimes d’une injustice, par exemple dans des conflits de travail. Les actes externes de sabotage sont plus probablement motivés par des priorités politiques, religieuses ou idéologiques.

Même si les dommages matériels à l’infrastructure ne sont pas les seules façons par lesquelles le sabotage peut provoquer des dommages importants, les actes qui ciblent des infrastructures essentielles, par exemple les oléoducs et gazoducs ou les services d’électricité, sont historiquement les plus susceptibles d’être liés à des préoccupations touchant la sécurité publique.

Échelle spatiale, période et délai d’avertissement

Échelle spatiale : Le sabotage est souvent un danger localisé.

Période : Les sabotage peut se produire à n’importe quel moment de l’année.

Délai d’avertissement : Le sabotage a tendance à se produire sans préavis, mais cet aspect varie, car il s’agit d’un danger d’origine humaine.

Répercussions éventuelles

Le sabotage peut avoir les répercussions suivantes :

  • Des dommages matériels et structurels nécessitant des réparations; Un impact possible sur l’infrastructure essentielle;
  • Des activités de surveillance et de suivi améliorées;
  • La nécessité de renforcer la sécurité publique ou des mesures policières;
  • Des dommages à la réputation;
  • La nécessité de restreindre l’accès à un site ou à une région;
  • La nécessité de procéder à une évacuation ou de mettre en place un refuge.

Dangers secondaires

Exemples de dangers secondaires découlant du sabotage :

  • Situation d’urgence alimentaire ou agricole
  • Désordre civil
  • Problèmes d’approvisionnement et de distribution
  • Effondrement d’une structure
  • Situation d’urgence liée à la qualité de l’eau
  • Perturbation de la gestion des eaux usées
  • Pénurie en eau potable

Incidents antérieurs

Il n’y a eu que peu d’incidents d’importance en Ontario concernant le sabotage et aucun de ceux consignés n’a donné lieu à des mesures d’intervention d’urgence. Il existe des incidents récents où le sabotage était présent en tant que type de risque, mais sans avoir abouti à l’acte proprement dit. En voici un exemple :

  • Ontario, 2017 – On a enregistré un sabotage de pipeline dans le sud de l’Ontario; un anarchiste anonyme a versé une matière corrosive sur des tronçons de canalisations destinées à un oléoduc de pétrole brut. Aucun effet important n’a été signalé.

Énoncé des risques provinciaux

Plus rarement, un acte de sabotage peut poser une menace pour une vaste région, voire pour la sécurité nationale. Cependant, la plupart des actes de sabotage ne représentent pas une menace à la sécurité publique et n’entraînent aucune conséquence grave. Il peut également perturber les activités de l’entreprise, de l’infrastructure, de l’organisme ou du gouvernement ciblé.

Répercussions sur le plan social

La perte de confiance du public envers le gouvernement et les services de sécurité est une autre conséquence possible du sabotage. Les effets sur les réseaux de soutien social seraient limités.

Répercussions sur le plan humain

La plupart des incidents de sabotage ne soulèvent pas de préoccupations pour la sécurité publique, mais des décès et des blessures sont possibles dans les cas extrêmes.

Dommages matériels

Le sabotage peut causer des dommages matériels, mais ceux-ci sont souvent localisés.

Perturbations de l’infrastructure essentielle

L’infrastructure essentielle serait perturbée si elle était ciblée.

Dommages environnementaux

Bien que les dommages environnementaux ne soient pas un effet direct courant du sabotage, ils peuvent survenir, selon la cible et la nature de l’incident. C’est particulièrement vrai pour l’approvisionnement en eau potable.

Répercussions économiques

Le sabotage peut avoir des répercussions importantes sur des entreprises, des organismes ou des gouvernements.

Notes de fin

[1]Code criminel (L.R.C., 1985, ch. C-46), laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/C-46/page-11.html#h-24 [consulté en octobre 2017].

[2] Gouvernement du Canada, Rapport public de 2018 sur la menace terroriste pour le Canada, www.securitepublique.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/pblc-rprt-trrrsm-thrt-cnd-2018/index-fr.aspx [consulté en décembre 2018].

[3] Police provinciale de l’Ontario (PPO), 2018, correspondance [par courriel] en septembre 2018.

[4] Gendarmerie royale du Canada, 2017, correspondance [par courriel] en décembre 2017.

[5] Gius, Mark, 2015, « The Impact of State and Federal Assault Weapons Bans on Public Mass Shootings », Applied Economics Letters, volume 22, no 4, 2015c, pages 281-284.

[6] Service de la lutte anti-mines de l’ONU, Engins explosifs improvisés – Lexique, 2016.

[7] Rapport public de 2018 sur la menace terroriste pour le Canada, www.securitepublique.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/pblc-rprt-trrrsm-thrt-cnd-2018/index-fr.aspx. [consulté en décembre 2018].

[8] Département de la sécurité intérieure des États-Unis, Active Shooter Booklet, 2009, www.dhs.gov/xlibrary/assets/active_shooter_booklet.pdf.

[9] Ministère du Travail, Note d’orientation à l’intention des pompiers : Situations mettant en cause un attaquant actif, 2018, www.labour.gov.on.ca/french/hs/pubs/firefighter_guidance/
active_attacker.php
[consulté en juin 2018].

[10] McGovern, Glenn P. et Margaret E. Beare, dir., Securitization After Terror, Encyclopedia of Transnational Crime and Justice, 2012, Sage.

[11] McKenzie Institute, 2015, mackenzieinstitute.com/active-shooters-can-preempted/

[12]www.rcmp-grc.gc.ca/fr/gazette/neutraliser-tireur-actif [consulté en juin 2018].

[13] Réseau anglais de la SRC, 2013., A History of Pressure Cooker Bombs, www.cbc.ca/news/world/a-history-of-pressure-cooker-bombs-1.1301728 [consulté en février 2018].

[14] Gouvernement du Canada, La Stratégie en matière chimique, biologique, radiologique et nucléaire du gouvernement du Canada, www.securitepublique.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/
rslnc-strtg-rchvd/index-fr.aspx
[consulté en septembre 2018].

[15] Gouvernement du Canada, Rapport public de 2017 sur la menace terroriste pour le Canada, www.publicsafety.gc.ca/cnt/rsrcs/pblctns/pblc-rprt-trrrst-thrt-cnd-2017/
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[consulté en décembre 2018].

[16] The Centre for Excellence in Emergency Preparedness, 2010.

[17] Bureau des affaires de désarmement des Nations Unies, 2014, www.un.org/disarmament/wmd/ [consulté en juin 2018].

[18] Bureau du commissaire des incendies et de la gestion des situations d’urgence, 2018, correspondance [par courriel] en mars 2018.

[19] Police provinciale de l’Ontario (PPO), correspondance [par courriel] en septembre 2018.

[20] Committee for National Security Systems Instruction 4009 et National Institute of Standards and Technology (NIST), 2017.

[21] Aperçu des cybermenaces, 2018, cyber.gc.ca/fr/orientation/apercu-des-cybermenaces [consulté en décembre 2018].

[22] National Institute of Standards and Technology (NIST), 2017.

[23] Symantec 2018, Internet Security Threat Report (ISTR), volume 23, www.symantec.com/security-center/threat-report, consulté en décembre 2018 au www.priv.gc.ca/fr/sujets-lies-a-la-protection-de-la-vie-privee/atteintes-a-la-vie-privee/
comment-reagir-a-une-atteinte-a-la-vie-privee-dans-votre-entreprise/gd_pb_201810/
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[24] Symantec 2018, Internet Security Threat Report (ISTR), volume 23, www.symantec.com/security-center/threat-report, www.priv.gc.ca/fr/sujets-lies-a-la-protection-de-la-vie-privee/atteintes-a-la-vie-privee/comment-reagir-a-une-atteinte-a-la-vie-privee-dans-votre-entreprise/gd_pb_201810/ [consulté en décembre 2018].

[25] Gouvernement du Canada, Décret fixant au 1er novembre 2018 la date d’entrée en vigueur de certaines dispositions de la loi, TR/2018-32, Gazette du Canada, Partie II, 2018, volume 152, numéro 1,http://www.gazette.gc.ca/rp-pr/p2/2018/2018-04-18/html/si-tr32-fra.html [consulté en décembre 2018].

[26] Centre canadien pour la cybersécurité, 2018, cse-cst.gc.ca/fr/backgrounder-fiche-information.

[27] Philip W. Brunst, Ph.D., Terrorism and the Internet: New Threats posed by Cyberterrorism and terrorist use of the Internet, 2010.

[28]Introduction à l’environnement de cybermenaces, www.cyber.gc.ca/fr/orientation/
introduction-lenvironnement-de-cybermenaces
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[29] Committee for National Security Systems Instruction 4009.

[30] Département de la santé de l’État de Washington, 2003, www.doh.wa.gov/Portals/1/Documents/Pubs/320-090_elecpuls_fs.pdf.

[31] Instant Access Networks, LLC and Sage Policy Group, Inc., 2007.

[32]www.empcommission.org/docs/empc_exec_rpt.pdf.

[33] Devetak et coll., dir. An Introduction to International Relations, 2012, p. 492.

[34] « Geopolitics/Gépolitique », traduit de Merriam-Webster.com., Merriam-Webster, s.d. (page Web), 31 octobre 2018.

[35] Global Risk Report, Zurich, 2018, http://www.zurichna.com/_/media/dbe/zna/docs/kh/
geopolitical/global-risks-report-2018.pdf?la=en

[36] BCAH ONU, Rapport annuel, 2017, www.unocha.org/sites/unocha/files/2017%20annual%20report.pdf.

[37] Energy security risks and risk mitigation: An overview, Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies, 2008, www.unisdr.org/files/8066_Pagesfromannualreport2008.pdf (en anglais).

[38] Réseau d’information des Nations Unies sur l’administration publique et les finances, 2018, www.unpan.org/Regions/NorthAmerica/PublicAdministrationNews/tabid/118/mctl/ArticleView/ModuleId/1473/articleId/58284/Default.aspx (en anglais).

[39] Situation et perspectives de l’économie mondiale, 2018, www.un.org/development/desa/dpad/publication/situation-et-perspectives-de-leconomie-mondiale-2019-resume/.

[40] Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, 2017.

[41] Kindleberger, C. et R. Aliber, Manias, Panics, and Crashes: A History of Financial Crises, 2005 (5e éd.), Wiley.

[42] Still, Keith G., The causes and prevention of crowd disasters, 2017, www.gkstill.com/Support/crowd-flow/fruin/Fruin2.html [consulté en décembre 2018].

[43] Nassauer, Anne, « Effective crowd policing: empirical insights on avoiding protest violence », Policing:An International Journal of Police Strategies & Management, 38.1 (2015), p. 3-23.

[44] Gulley, Jacklyn, « Multitudes Gather: An Overview and Analysis of the Evolution of Research Concerning Crowd Behavior », JCCC Honors Journal, 6.1, 2015, p. 2.

[45] Mercea, Digital prefigurative participation: The entwinement of online communication and offline participation in protest events, 2011.

[46] Baybutt and Ready, 2003.